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Situation nationale : un Burkinabè de la diaspora indigné s’adresse au Président du Faso

Dans une lettre ouverte adressée au Président du Faso, Larba Israël LOMPO interpelle le Chef de l’Etat burkinabè sur son devoir en que dirigeant de garantir la liberté et la sécurité des Burkinabè. Lisez-plutôt !
Excellence Monsieur Le Président,
Je vous écris cette lettre parce que pour la première fois de ma vie j’ai eu peur. J’ai peur de ce qui pourrait m’attendre et attendre mes enfants. Car je compte bien les laisser comme héritage cette flamme patriotique qui bouillonne en moi. Ma peur c’est d’avoir constaté que l’expression du même patriotisme par le Colonel Denise Auguste BARRY s’est transformée en un délit par votre pouvoir.
Ma peur
Si vous n’êtes pas à mesure de garantir la liberté et la sécurité des filles et fils dont le devoir patriotique les appelle sur le sol de la mère Patrie, qu’en sera-t-il pour nous qui vivons hors du pays ? Lorsqu’un jour je serai victime d’une arrestation arbitraire dans mon pays d’accueil, bénéficierai-je de votre intervention comme Nicolas Sarkozy a eu à le faire au Tchad en 2008 lorsque ses compatriotes étaient arrêtés pour enlèvement de mineurs ? Bien que ces Français étaient loin d’être innocents, le Président Sarkozy avait déclaré en son temps :《 J’irai chercher les Français où qu’ils se trouvent 》La suite on la connait. Le Président Tchadien avait échappé de peu à un renversement de son pouvoir.
L’héritage de Thomas SANKARA
Il fut un moment où l’humanité toute entière s’était résolue à prendre le Burkina Faso comme pour meilleur exemple la synthèse douloureuse de toutes les misères du monde. Beaucoup étaient de ceux-là qui croyaient que le Burkinabè était condamné par nature à la pauvreté et à la mendicité. Le Burkinabè était le moins respecté à l’étranger jusqu’à ce qu’un Jeune Capitaine décide de réécrire l’histoire de notre pays. Le Capitaine Thomas SANKARA, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’a pas seulement inventé l’avenir du Burkina Faso, il a aussi légué aux Burkinabè une confiance en soi et un rêve. Le Burkinabè n’avait été aussi fier de sa Patrie et de lui-même qu’en cette période de son histoire.
Ce Jeune Capitaine de seulement 33ans au taillis prêt du corps n’était pas seulement beau de figure, il était l’expression de l’illumination d’un rêve. Le rêve d’un Burkina Faso respecté, prospère. Un Burkina Faso dans lequel aucun Burkinabè ne pouvait en aucun cas être inquiété dans son propre pays. Le rêve d’un Burkina unis et victorieux de tous les défis. Un Burkina dans lequel chacun devrait se sentir en sécurité en terre africaine libre. Un Burkina à partir du quel devrait partir la libération totale du continent Africain pour une Afrique Unie et puissante.
C’est de ce rêve qu’a été identifié comme la source Inouïe de ma vie de bonheur partagée dans l’essence naturelle de ce que je puisse m’accorder à qualifier de don totalement merveilleux.
Je n’ai pas besoin d’entendre de la bouche de chaque Burkinabè l’expression de ce patriotisme. Je le sens du fond de mon cœur comme un torrent. Je vis la force de cette nation dans son désire absolu de vous accompagner dans ce combat contre le terrorisme, cette nouvelle industrie occidentale.
Mes attentes
Le rôle d’un juge d’instruction est d’établir s’il y a oui ou non de culpabilité. Le cas du Colonel BARRY nous laisse croire que le rôle des juges sous votre pouvoir est d’établir coûte que coûte la culpabilité. Depuis plus d’une année maintenant, nous avions pensé que même si le Ministre Simon ne nous a pas pu édifier par sa culpabilité, le Juge d’instruction lui au moins devrait nous édifier par un non-lieu.
Ce qui permettrait au Colonel d’apporter à notre pays son expertise comme il a toujours su le faire en matière de renseignement dont nous avons plus que besoin aujourd’hui.
La France que vous aviez voulu protéger du rapport du Colonel BARRY, ne nous apporte aujourd’hui que désolation. C’est la même France qui imprime la monnaie des terroristes et les vend 40% des armes qui sont utilisées pour tuer les Burkinabè, les Maliens et les Nigeriens.
Comme l’a dit Mr Melegué Maurice TRAORÉ : 《les États n’ont pas de sentiments. 》 Lorsqu’une coopération cause plus de tort que de bien, il faut la rompre.
E.M. Le Président,
J’ai juste besoin que vous me rassurez par une action forte en tant que premier Magistrat de notre chère Patrie car à tout bien considérer l’arrestation du Colonel BARRY est politique et la solution ne peut qu’être politique.
Fait à Sunyani/Ghana, le 15 Mai 2019
Larba Israël LOMPO

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