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Reprise du travail par les GSP : Me Paul Kéré félicite le Ministre de la Justice

« Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis », nous dit l’adage populaire ! En effet, par un communiqué du 9 juin 2019, le brave Syndicat national des gardes de sécurité pénitentiaire (SYNAGSP) se fendait d’une déclaration de son représentant légal, monsieur Thiombiano, aux termes duquel « vu les différents cadres de dialogue entamés ces derniers temps, l’ensemble du personnel du corps de la Garde de sécurité pénitentiaire du Burkina Faso annonce, par l’intermédiaire du SYNAGSP, la reprise de tous les services qui lui incombent et ce, pour une période très brève à compter du lundi 10 juin 2019. Cela permet de jauger la bonne foi des éléments de la GSP et du gouvernement… ».

N’étant pas plus « royaliste que le roi », l’Assemblée générale des avocats du Burkina Faso décrétait à son tour par un communiqué du 10 juin 2019, signé de notre Bâtonnier en exercice, Me Salembéré, selon lequel « … constatant qu’à ce jour lundi 10 juin 2019, à la suite des greffiers, les gardes de sécurité pénitentiaire ont repris toutes leurs activités sur toute l’étendue du territoire… la levée de la suspension de la participation des avocats aux audiences pénales et inviter l’Etat à œuvrer pour que la reprise du fonctionnement de l’appareil judiciaire soit pérenne… ». Ainsi soit-il !

La première personne à féliciter honnêtement c’est notre ministre de la Justice, Garde des sceaux, monsieur René Bagoro, qui, après plusieurs mois de bras de fer inutile, est revenu à de meilleurs sentiments, à la table des négociations et, ce, « en tête-à-tête avec les syndicats » dans un dialogue constructif. Ce qui prouve en tout état de cause, dans ce cas précis, sa grandeur d’esprit et son sens élevé de l’intérêt général du service public de la justice. Il est donc, sincèrement à féliciter sans aucune flagornerie, même si les GSP conservent un goût amer de ce bras de fer inutile.

C’est l’occasion de rappeler sincèrement au Garde des sceaux que personne, ni même les GSP (qui ont souffert dans leur chair et dans leur esprit ainsi que leur familles respectives), ne sont nullement contre lui, mais, bien au contraire, soucieux du bon fonctionnement de notre justice qui constitue un bateau géant dans lequel chaque acteur doit jouer sa partition car, sans justice, ce sera indéniablement le chaos…les avocats étant le dernier rempart contre l’arbitraire et sa cohorte d’injustices.

C’est également le lieu de dire que la fonction ministérielle ne crée que des devoirs et les ministres doivent être les plus grands serviteurs de l’Etat et de nos compatriotes…et non ceux-là qui croient pouvoir nous narguer.

C’est enfin rappeler, la plume étant serve, que si les gouvernants ou ceux qui sont détenteurs d’un quelconque minuscule pouvoir agissent bien, il faudrait le dire et les féliciter. De même, s’ils se comportent en goujats ou en renégats, il faut aussi avoir le courage de le dénoncer afin qu’ils se ressaisissent parce que le pouvoir rend fou et le pouvoir absolu rend absolument fou. C’est même un impérieux devoir patriotique en vertu des dispositions de l’article 8 de la Loi fondamentale qui régit notre pays.

Il reste au président du Faso « himself », Son Excellence Roch Marc Christian Kaboré, au vue de la situation actuelle exsangue de notre pays, d’enclencher immédiatement, et sans arrière-pensée, un processus de réconciliation nationale bienfaisant et il verra la gloire de Dieu. Vérité au-delà des Pyrénées, erreur en deçà.
Sinon, il n’y aura aucun développement harmonieux dans notre pays.

C’est un minimum que même un aveugle politique voit de loin. Qu’attend franchement le gouvernement du MPP et ses alliés de circonstance ou d’opportunité pour amorcer enfin une vraie réconciliation nationale entre toutes les filles et les fils de notre pays sans aucune distinction ? Seule la paix est bienfaisante… Cher ami Roch !!! Aucun va-t-en-guerre, soit-il doté de l’arme atomique, n’a jamais prospéré sur la planète Terre depuis la nuit des temps. Le Burkina Faso ne saurait constituer l’exception et la réconciliation nationale des Burkinabè est irréversible et inéluctable…n’en déplaise à certains de nos compatriotes égoïstes et « nombrilistes ».

Félicitations donc au ministre René Bagoro qui a montré le chemin de ce dialogue constructif et qu’il reçoive, en ces circonstances exceptionnelles, l’expression d’une reconnaissance méritée de la famille judiciaire, mieux valant tard que jamais. Affaire donc à suivre…

Paul KÉRÉ
Docteur en Droit
Avocat à la Cour
Chevalier de l’Ordre National

 

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