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dimanche, septembre 25, 2022

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Récupération des huiles usagées : du charbon, de l’engrais et des briques cuites made in Burkina Faso

A Ouagadougou et partout sur toute l’étendue du territoire burkinabè, des jeunes parcourent à longueur de journée, certains à vélos, d’autres à motos, à la recherche des huiles usagées. Cela est devenu un commerce pour certains d’entre eux. Quelle est l’utilité des ces huiles usagées achetées chez les mécaniciens et même dans les usines et bien d’autres structures. Voilà la question que beaucoup de personnes se posent.

Ousmane Ilboudo dit Diasso est un grand grossiste de des huiles de vidange dans la périphérie de Ouagadougou. Nous l’avons rencontré sur son lieu de travail. ” Tout d’abord, je te remercie pour ta démarche de savoir que faisons nous avec les huiles vidangées des motos, véhicules, machines et j’en oublie. Rassurez-vous que ces huiles usagées ne peuvent être transformées en huiles de consommation. J’exerce dans ce domaine de la collecte et stockage et de la commercialisation aux quartiers Zongo et Boassa, il y a plus de 32 ans. Avec un four, je transforme les déchets tel que les sachets plastiques, les pneus, les cartons tout ce qui est caoutchouc et papier pour produire de l’engrais où du charbon. C’est avec l’huile usagée que je brûle tous mes déchets. J’ai des livreurs, des stations de stockage, des citernes de collecte et de commercialisation. Tenez-vous bien si toutefois j’avais une grande unité de production, je pouvais, à travers ces huiles essentiellement usagées, produire le charbon pour tous les ménages burkinabè afin de stopper la coupe abusive des arbres pour le bois de chauffe, aussi produire la plus grande quantité de l’engrais ” made in Burkina Faso ” pour le grand bonheur des producteurs burkinabè qui courent après l’engrais toujours en dernière minute”, martel Ousmane Ilboudo plus connu sous le pseudonyme de Diasso.

A travers les sachets plastiques et bien d’autres en caoutchouc qu’il brûle avec les huiles vidangées des usines, des engins à moteur, c’est lui le plus grand fournisseur du charbon pour certaines sociétés de métaux au Burkina Faso. ” Les sociétés de métaux connaissent la qualité de mon charbon. Ils l’utilisent pour faire fondre leur fer et le cuivre. Et j’exporte mes produits vers le Ghana voisin à d’autres fins” , ajoute-t-il.

Grâce à ce métier qu’il a appris dès son adolescence après la mort de son père, il emploie une cinquantaine de jeunes et de femmes. A l’en croire, ceux qui disent que les huiles vidangées sont transformées pour la consommation humaine et reconditionnées en huile de moteur, il pense pas selon lui que c’est vrai. Si cela est possible pour certains, à ses dires, il n’a jamais essayé cette pratique de reconditionnement ni pour la consommation, ni pour les moteurs. ” Je suis aussi un grand fournisseur de briques cuites et c’est aussi avec l’huiles usagées que je fais cuire mes briques. Imaginez-vous il y a combien de quintaux de sachets plastiques et déchets à base de papier dans la nature burkinabè. C’est juste vous dire que le Burkina Faso peut produire son engrais et du charbon pour le bonheur de sa population. Je peux donner ma tête à couper pour cela. Avec l’aide du gouvernement burkinabè et de ses partenaires, l’exemple allait venir du Burkina Faso. Mon association a un arrêté du ministère en charge de l’environnement, portant émission d’avis conforme sur la faisabilité de construction d’une unité de collecte, de stockage et de commercialisation d’huiles usagées sise à Boassa dans l’arrondissement 7 de la commune de Ouagadougou. Cela a été possible suite au rapport de mission de visite terrain en date du 29 mai 2019 et suite à l’examen du rapport de notice d’impact environnemental et social du projet de construction de l’unité de collecte, de stockage et de commercialisation d’huiles usagées et la demande de l’association  Lagm Taaba Beog Nayineeré en date du 9 août 2019. Le site choisi pour l’implantation se situe dans la zone hors lotissement à Boassa sur un terrain d’une superficie de 5575m². Seulement, c’est les moyens qui nous manquent. Si cette unité avait vu le jour, on allait satisfaire la demande de l’engrais à base des déchets en papier, du charbon à base des déchets plastiques toute sorte de caoutchouc et des briques cuites pour une construction durable à moindre coût au Burkina. Nous avons les expériences, le talent, la matière première pour satisfaire les Burkinabè mais seulement le nerf de la guerre nous manque”, conclut-il. Et d’ajouter que le Faso a des talents sans un niveau scolaire. Ousmane Ilboudo dit Diasso n’a pas eu de la chance de connaître le chemin de l’école des blancs mais un spécialiste des transformations chimiques issu l’école de la vie.

David Demaison NEBIE

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