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dimanche, septembre 25, 2022

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Visite du chef d’état-major particulier du Président Français au Burkina Faso : « Ne déshonorons pas notre vaillante armée burkinabè », Daouda Emile OUEDRAOGO

Que vient chercher le chef d’état-major particulier du Président Français Emmanuel Macron, à Ouagadougou les 8 et 9 septembre 2022 ? Cette question mérite d’être posée dans la difficile situation actuelle que traverse notre pays. Plusieurs hypothèses peuvent être émises pour expliquer pourquoi le Vice-amiral d’escadre, Jean-Philippe Rolland vient passer 48 h à Ouagadougou. J’en citerai deux. La première est le fait que le Président Macron constate que Ouagadougou commence à prendre des libertés de ton dans son discours face au “pater colonial”.

Le PM Albert Ouédraogo n’a pas fait dans la langue de bois lors de son dernier entretien bilan. À côté de cet aspect, ces derniers mois, le Faso s’est tourné vers d’autres partenaires pour des commandes d’armes ou pour des consultations. Le journal online libreinfo cite « la Serbie, la République Tchèque, la Turquie, la Pologne ». Tous des pays de l’Est. La 2ème est de « forcer la main au pouvoir de Ouagadougou » pour une présence plus accrue des forces françaises sur le sol Burkinabé afin de continuer à pouvoir surveiller le Mali. La France n’a pas digéré son retrait de ce pays. Ici, la question qui se pose est de savoir pourquoi diantre, la France tient-elle absolument à demeurer au Mali, dans la mesure où elle chante à tout vent qu’elle n’a rien à y gagner ?

A mon humble avis, elle y a forcément un intérêt caché car, on ne fait pas d’un ami qui a refusé ton aide un ennemi mortel. Mieux, la Métropole perd du terrain en Afrique car, est contrainte de plier bagages avant la fin de l’année 2022 en Centrafrique. Au-delà du fond que suscite cette visite, il y a la forme. Pourquoi un chef d’Etat d’un pays souverain va envoyer son chef d’état-major particulier en visite dans un pays souverain en proie au terrorisme ? J’espère de tout cœur qu’il ne sera pas reçu par le Président de la transition mais plutôt par son chef d’état-major particulier aussi.

Devant les Nations Unies, tous les États sont égaux et doivent se traiter « avec respect et dignité ». Naledi Grâce Pandor, la Ministre sud-africaine des Relations internationales de l’Afrique du Sud n’a pas hésité à regarder le Secrétaire d’Etat américain, Anthony Blinken droit dans les yeux et lui a dit : « Il est très important que nous respections nos différences d’opinions mutuelles. Nous sommes, après tout, des Nations souveraines sur le même pied d’égalité selon la Charte des Nations Unies. Nous sommes différents en termes de puissance économique et de capacité à influencer le développement dans différentes parties du monde. Cependant, ce qui fait marcher le monde, c’est le respect mutuel. Cela est très très important » Et, elle poursuit « Ce que je déteste est qu’on me dise, soit vous choisissez ceci (ce que l’on vous recommande) ou vous en subirez les conséquences.

Si un quelconque ministre me parle sous ce ton (heureusement que M. Blinken ne l’a jamais fait, certains l’ont fait), je ne serai jamais intimidée de la sorte. Et, j’espère qu’aucun pays africain n’acceptera d’être intimidé de la sorte… ». C’est en ce point que les Africains sont fiers des autorités maliennes. Cela est très important en diplomatie. Si cela est fait, notre armée, vaillante et noble, ne sera pas déshonorée ni dévalorisée. Car, nos officiers sont autant meilleurs que les leurs.

« Ils ont souvent fait les mêmes écoles de guerre et sont sortis majors de leur promotion devant ces mêmes Français. Et les soldats français peuvent témoigner de la bravoure et du courage du lieutenant Moumouni Gambo, qui a donné sa vie pour sauver les soldats français de Kamboinsin lors d’une opération. Ce valeureux fils du Faso, est sorti major de sa promotion à l’académie militaire Georges Namoano de Pô en 2012. Les soldats Français, n’ont jamais respecté leur engagement d’honorer la mémoire de ce valeureux officier.

C’est l’occasion pour les autorités militaires de demander des comptes au chef d’état-major particulier du Président Macron quant aux circonstances réelles de la mort de ce valeureux officier. Mieux, une enquête doit être ouverte à cet effet en vue de savoir pourquoi c’est le lieutenant Moumouni Gambo seul qui est mort au cours de cette opération avec l’armée française basée à Kamboinsin. Comparaison n’est pas raison, la France ne cesse de nous rabâcher les oreilles avec la mort des soldats français tombés au Mali. Au Faso, nous en avons déjà perdu plus de 450. Et pas des moindres. »

Le dilemme Barkhane

Que l’on se le tienne pour dit et pour définitif. La France ne luttera jamais efficacement contre le terrorisme au Burkina Faso. Au Mali, l’armée française est accusée “de fournir des armes, des renseignements et des munitions aux groupes armés terroristes”. Et, sachant que le chien ne change jamais sa manière de s’asseoir, ce n’est pas au Faso qu’elle fera le contraire.

Alors, soyons clairs. Si les autorités militaires vont avec Paris, demain, elles seront obligées de ne pas broncher sur les contrats des sociétés françaises tels que Bolloré (Sitarail), la concession de 30 ans donnée à l’Aéroport Marseille Provence (AMP) et Meridian alors que c’est le Burkina qui s’endette pour construire majoritairement cet aéroport. Sans compter que les sociétés de téléphonies françaises continueront de sucer le sang des pauvres ménages burkinabè.

Et, celui qui va broncher, on donne les renseignements aux terroristes et ils vous massacrent. Ce sera le prix de notre compromission. Dans le même ordre d’idée, le Burkina Faso pourra dire aurevoir à la coopération militaire d’avec le Mali, s’il s’avère que cette visite vient renforcer la présence française au Burkina. Dans le jargon diplomatique ne dit-on pas que : « les amis de mes ennemis sont mes ennemis » ?

Par Daouda Emile OUEDRAOGO
ouedraogodavid597@gmail.com

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