Agroforesterie : El hadj Salifou Ouédraogo ou l’homme aux milliers de baobabs

L’homme s’est beaucoup investi dans la plantation des baobabs d’où il tire une grande richesse aujourd’hui. Salifou Ouédraogo, agroforestier spécialisé dans promotion des baobabs, puisque c’est lui qu’il s’agit, est né en 1943 à Titao dans la région du Nord. Après avoir démarré son projet au milieu de l’année 1968 avec quelques pieds, juste pour la consommation, lui et sa famille totalisent de nos jours 14 hectares de cet arbre à Siguinonghin.

Depuis 1968, Salifou Ouédraogo habite le village de Siguinonghin situé dans la commune de Solenzo, c’est dans la Boucle du Mouhoun et plus précisément dans la  province des Banwa. Celui qui a effectué pèlerinage à la Mecque il y a 3 ans assure gagner pleinement sa vie, fruit de ses efforts.  Nous lui avons rendu visite le dimanche 10 janvier 2021. Dans son village de résidence se dresse un champ de baobab en bordure de la route 24. Un champ qui suscite l’admiration et la curiosité des usagers de la route. C’est le champ de l’homme installé à Siguinonghin depuis la création de ce village en 1968. « Au début, les gens me prenaient pour un fou », se rappelle-t-il. En effet,  le vieux s’est lancé dans cette activité dès son installation dans le village avec le défi de protéger les ressources naturelles en perte de vitesse en particulier le baobab sous le regard passif de la population. D’abord, avant de s’engager dans la plantation des baobabs, il commence par l’agriculture,  par la suite, une pépinière de baobab. De l’agriculture à l’agroforesterie, il a fallu que le septuagénaire puisse répondre à cette question fondamentale qui troublait son sommeil à savoir quelle initiative faudra-t-il entreprendre pour sauvegarder le baobab ?  La réponse à sa question, il l’a trouvée par la plantation. Avec courage et détermination, il a pu constituer une forêt de cette espèce avec 3520 baobabs à raison de 300 plants mis en terre par an et il lui faut attendre au moins 6 ans pour commencer à commercialiser les feuilles de chaque vague. Il fait à ce jour trois cueillettes par an. Il commence en septembre pour finir en décembre. « À chaque cueillette, je peux avoir plus de 500.000 FCFA », affirme-t-il. Selon lui, ses clients viennent de partout à travers le Burkina Faso. Et c’est par plante qu’il fixe le prix et cela, à 5000F,  4500F, 4000F, 3500F, 3000F, 2500F ou 2000FCFA. En plus de ce champ de 14 hectares de Siguinonghin, il possède à Letera, un village proche de Kampti, dans le Sud-Ouest,  45 hectares de baobab dont l’âge des plants varie entre un et 14 ans et à Kièparga, toujours près de Gaoua, 42 hectares de baobab dont l’âge des espèces varie de un à 7 ans.

Malgré la promotion du baobab dont il fait son cheval de bataille depuis 53 ans,  le promoteur des baobabs est toujours  méconnu par les Burkinabè. Son nom, son image et son expérience ne disent absolument rien aux Burkinabè. Ce premier planteur de baobabs au Burkina Faso confie avoir participé à un seul atelier national de plaidoyer sur l’Agroforesterie par la Régénération Naturelle Assistée en 2011 et a reçu une attestation du ministre de l’environnement et du Développement durable d’antan, Salif Ouédraogo. Et ce, pour avoir participé avec succès au concours de la Meilleure Réalisation Forestière, édition 2011, placé sous le thème : « Meilleur Parc agroforestier ».

David Demaison NEBIE 

Représentant Régional de la Boucle du Mouhoun

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *