UFR-SDS : « Notre UFR est en crise depuis la reprise des activités en mai 2020 après le confinement lié à la COVID-19. », Corporation ANEB

Ceci est une déclaration en date du 18 janvier 2021 de la corporation ANEB et Délégation Générale Elue (DGE) de l’UFR/SDS sur la situation dans ladite l’UFR.

En cette reprise des activités académiques et pédagogiques à l’UFR/SDS et en ce nouvel an, la direction de la corporation présente à l’ensemble des étudiants de l’UFR ses vœux de santé, de courage, d’engagement, de détermination et de succès. Nous en avons autant plus besoin au regard de l’environnement délétère imposé par les autorités administratives et ministérielles.

Camarades étudiantes et étudiants,

Notre UFR est en crise depuis la reprise des activités en mai 2020 après le confinement lié à la COVID-19. Cette crise se manifeste tant sur le plan académique, hospitalier que social.

Sur le plan académique, l’après confinement a rimé avec une programmation intensive et soutenue des cours dans la plupart des promotions. Durant des semaines, les cours ont été programmés de 07h à 12h et de 14h à 18h. A côté de cette programmation, les volumes horaires ont été drastiquement réduits. Une réduction qui va de moitié allant jusqu’à la non-exécution entière de certaines activités. En 3è année médecine par exemple, le cours de biochimie a été fait en 20H au lieu de 40H comme prévu par le curriculum, dans les premières année de médecine, pharmacie et chirurgie dentaire, l’enseignant de Biophysique a juste remis son support de cours et a demandé aux étudiants de faire des résumés. Sans se présenter une seule fois dans ces promotions, l’enseignant a supposé le cours fait. Pour ce qui concerne les Travaux Dirigés(TD), ils ont été bâclés dans plusieurs promotions ou simplement non exécutés. C’est le cas en première année médecine et chirurgie dentaire où les TD de biochimie et d’histologie-embryologie qui figuraient pourtant dans le programme ont été ignorés. Quant aux Travaux Pratiques(TP), c’est aussi la catastrophe. En lieu et place de TP dignes de ce nom, les étudiants ont plutôt eu droit à des séances de visite guidée de laboratoire dans certaines disciplines (plusieurs séances combinées en une). Malgré ce bâclage des TP, les étudiants sont obligés de se faire racketter en payant pour faire les TP. Les promotions qui ont refusé ces rackettes, se sont vu souvent refusées les TP. C’est le cas de la 2è année technicien supérieur de la santé(TSS) qui peine à faire le TP de chimie organique aux motifs d’indisponibilité de réactifs ou de l’enseignant. Pendant ce temps, la 2è année pharmacie après s’être fait racketter, a fait le même TP.

Ces exemples, loin d’être exhaustifs ne sont qu’illustratifs, auxquels il faut ajouter la quasi absence de l’administration dans l’organisation des activités académiques. Sinon comment comprendre que l’administration qui ne cesse de chanter que la programmation et l’organisation des activités académiques, relève de sa compétence exclusive, s’est contentée d’afficher les programmes. Pour l’exécution pratique, les délégués de promotions étaient au four et moulin pour chercher des salles et appeler les enseignants qui ne cessaient souvent de rappeler qu’ils étaient programmés sans qu’ils ne soient informés. La conséquence, c’est que des cours ont commencé souvent en retard ou tout simplement été reportés.

C’est dans un tel cafouillage, que l’administration imposera des calendriers (calendriers qui prenaient une partie des vacances universitaires) de composition de la session normale de semestres impairs, sous forme d’examens en deux jours pour la plupart des promotions. Les étudiants ont évoqués les difficultés ci-dessus citées avec l’indisponibilité de certains supports de cours pour demander à l’administration d’alléger le programme des évaluations. Ils trouveront en face, une administration fermée aux dialogues qui optera plutôt pour la répression. Cette attitude de l’administration conduira les étudiants à refuser de composer. La corporation, sentant venue le danger a tenté en vain d’obtenir une reprogrammation des évaluations par voie de dialogue. Ce fut un échec car l’administration à travers un conseil scientifique le 10 décembre 2020 décidera d’attribuer des zéros pour les semestres 1 et 3 à 06 promotions (les premières années médecine, pharmacie et chirurgie dentaire et les deuxièmes années médecine, pharmacie et TSS). En faisant le point, nous sommes à plus de 40 zéros hypothéquant l’avenir de 1403 étudiants. Ce lourd bilan du volet académique n’est qu’un pan de la profondeur de la crise car les deux autres volets à savoir ceux hospitalier et social ne sont guère reluisants.

Camarades étudiantes et étudiants,

Sur le plan hospitalier, le mal est plus qu’inquiétant. Réduction drastique des volumes horaires de stages, réduction du nombre de jours de stage par semaine, système de double flux, faible encadrement, voir absence d’encadrement sur les sites, tel est le tableau d’exécution des activités hospitalières. A titre illustratif, la 4è année pharmacie avait été programmée pour faire le stage labo en deux semaines cette année. Stage qui a été effectué en deux mois par les étudiants du même niveau en 2015-2016. La deuxième année médecine quant à elle, était programmée en 06 matinées pour faire le stage de soins infirmiers qui jadis se faisait en minimum 4 semaines. A ce rythme, on se demande si vraiment l’objectif de nos autorités n’est pas autre que la formation d’agents de santé capables de prendre en charge la santé de nos populations.

En plus de tous ces problèmes, l’irrégularité dans l’organisation des validations de stage en 6è année pharmacie, le conditionnement de la participation aux cliniques par la validation des précliniques en 7è année médecine, tendent à devenir des règles au détriment des étudiants. Ce tableau sombre des volets académique et hospitaliers, est à complété avec les difficultés d’ordre social.

Camarades étudiantes et étudiants ;

Le volet social des conditions de vie et d’études des étudiants de l’UFR, est loin d’être meilleur. En effet, les étudiants stagiaires qui sont en première ligne dans la prise en charge des malades dans nos Centres Hospitaliers Universitaires(CHU), n’ont aucune couverture sanitaire (vaccinations, prise en charge en cas de maladie). Pourtant les statuts de l’étudiant stagiaire leur confèrent ce droit. Seulement, le Ministère de la santé qui est le garant de ce droit a pris du plaisir à le fouler au pied.

Quant aux indemnités de stage, un autre des droits consacrés par les statuts de l’étudiant stagiaire, l’irrégularité dans son payement a atteint un niveau record jamais égalé avec des retards de paiements s’étendant sur deux années académiques (2018-2019 et 2019-2020). Au CHU-Yalgado par exemple, pendant que nous sommes en janvier 2021, certains stagiaires attendent toujours le paiement de leurs allocations de novembre 2020. Ces indemnités de stage sont d’ailleurs utilisées par certains de nos maitres comme moyens de chantage en refusant de signer les attestations de stage. C’est le cas de certains stagiaires externes qui ont eu des difficultés pour faire signer leur attestation de décembre 2020. Il est reproché à ces étudiants stagiaires leur absence car ayant observé les mots-ordres grèves de la corporation ANEB de l’UFR/SDS.

En plus, certains étudiants en année de thèse (un passage pourtant obligatoire faisant partie intégrante du cursus) en médecine et en pharmacie, vivent des conditions sociales précaires avec le refus du CIOSPB de renouveler leur bourse au motif qu’ils auraient épuisé leur droit à la bourse.

Face à une telle situation, la corporation ANEB de l’UFR/SDS ne pouvait pas rester indifférente. C’est pourquoi, elle est en lutte avec l’ensemble des étudiants de l’UFR au tour des points de revendications suivants :

1-Réprogrammation dans de meilleurs délais de l’ensemble des évaluations non ténues ;

2-Paiement régulier, intégral et à bonnes dates des allocations des étudiants :

-les arriérées d’indemnités de stages des années académiques 2018-2019 et 2019-2020 ;

-la bourse de certains étudiants de 7è année pharmacie et 8è année médecine ;

3-Respect de l’ensemble des engagements pris part nos autorités.

A cette étape de la lutte, la direction de la corporation félicite l’ensemble des étudiants pour leur mobilisation lors des actions passées et leurs adressent ses encouragements à maintenir le cap de la mobilisation pour la satisfaction totale de nos revendications.

Camarades étudiantes et étudiants,

Les enjeux de cette lutte sont immenses et son issue déterminera si oui ou non nous conserverons les indemnités de stage car certains esprits maléfiques nourrissent l’espoir de nous arracher cet acquis. L’issue de cette lutte déterminera aussi l’avenir des enfants du peuple à accéder aux études médicales, pharmaceutiques, de dentistes et de technologistes biomédicaux car les multiples tentatives de réformes ces dernières années (tentative de contingent en 2017, LMD dit «strict» en 2018 et 2019, imposition unilatérale de calendrier d’évaluations en 2020, etc.) montrent que nos autorités universitaires et politiques n’ont jamais cautionnées que ces études soient accessibles à tous selon le seul critère de mérite.

La crise actuelle doit être bien comprise de cette manière et savoir que la seule chose qui nous reste à faire, c’est de nous mobiliser dans la discipline et la détermination pour faire échec à cette manœuvre comme nous avons su le faire récemment en 2017, 2018 et 2019.

Non au bâclage notre formation!

Non aux velléités de renvois massifs d’étudiants à l’UFR/SDS!

Non à la clochardisation de l’étudiant à l’UFR/SDS!

Pain et liberté pour le peuple

La Corporation

 

Union Générale des Etudiants Burkinabè (UGEB)

Association Nationale des Etudiants Burkinabè (ANEB)

Section de Ouagadougou

Corporation ANEB et Délégation Générale Elue (DGE) de l’UFR/SDS

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *