Mévente des papayes : des producteurs burkinabè accusent certaines revendeuses d’être de mèche avec les Ghanéens dans l’envahissement du marché

La Coopérative des Producteurs des Fruits et Légumes, basée à Koubri, y a rencontré la presse le samedi 13 février 2021. Au menu des échanges, les bisbilles dans le secteur du fait de la mévente due à la concurrence sur le marché des papayes et des tangelo et qui a abouti à la convocation de la Brigade de Veille citoyenne et de Lutte antifraude devant les juridictions de Burkina Faso. Les initiateurs de la conférence de presse dénoncent l’envahissement du marché burkinabè par les papayes et les oranges venues du Ghana voisin.

Cette rencontre n’est pas la première à en croire ses organisateurs. « Nous sommes réunis parce qu’ils ont convoqué la Brigade citoyenne à la justice, or elle nous appuie donc on ne peut pas laisser. Ils disent que la brigade et les producteurs ont garé leurs camions et leurs produits sont gâtés », a lancé  le président de la coopérative, Raphaël Convolbo pour qui, les producteurs sont issus des quatre coins du Burkina aux alentours de la région du Centre pour prendre part à ces échanges.

« Depuis les trois années que nos frères Ghanéens ont commencé l’exportation de la papaye, nous avons toujours rencontré des difficultés pour écouler nos produits. A cet effet, nous avons entamé des négociations avec les femmes revendeuses afin de rationaliser l’importation en réduisant e nombre de camions qui rentre par semaine au Burkina Faso. Cette négociation a été sans issue. Nous avons donc, par la suite approchée la Brigade de veille citoyenne qui a porté un intérêt à notre problème en demandant une audience auprès de l’Ambassade du Ghana. Celle-ci a apprécié l’initiative mais nous a suggéré de négocier directement avec nos frères Ghanéens pour trouver un terrain d’entente. », a expliqué, à travers la déclaration liminaire, Boureima Congo, producteur de papayes et de tangelo. Ce qui a été fait et un PV de la rencontre a été établi le 28 décembre pour limiter le nombre de camions à 4 par semaine mais c’est peine perdue. En effet, les producteurs disent ne pas s’opposer à l’entrée des productions du Ghana du fait de la libre circulation des biens dans l’espace CEDEAO mais estiment que les fruits obtenus grâce à l’eau de pluie au Ghana et ceux arrosés à la main au Burkina ne peuvent pas être écoulés sur un même marché sans régulation et c’est pourquoi ils dénoncent ce qu’ils qualifient de concurrence déloyale. «  De 5 à 10 véhicules mais maintenant, ça peut monter jusqu’à 16 ou 17 véhicules » dans la semaine d’après Boureima Congo.

Selon le Secrétaire exécutif national de la Brigade de Veille citoyenne et de lutte antifraude, les Ghanéens étaient d’accord pour faire rentrer 4 camions par semaine pour permettre à nos producteurs aussi d’écouler leurs produits mais il y a deux vendeuses de fruits qui violent cet accord. « A notre grande surprise, il y a des gens qui ont forcé pour dire aux Ghanéens de venir avec les papayes, qu’il n’y a pas quelqu’un au Burkina qui peut les empêcher, qu’ils ont leur Registre de Commerce et qu’ils ont commencé le commerce, il y a longtemps. », a dénoncé le Secrétaire exécutif, Abdoulaye Yaméogo, qui appelle les autorités à mieux organiser le domaine afin qu’en dépit des textes mis en place par les organisations sous-régionales, les producteurs burkinabè puissent écouler leurs productions.

Omar COMPAORE

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