Attentat à la pudeur : « Elle a refusé, et je l’ai saisi par la main…»

Badolo, un jeune d’une vingtaine d’année comparaissait devant le TGI de Ouagadougou le 10 février 2021 pour des faits d’atteinte à la pudeur. Il aurait dénudé une dame en déchirant ses habits à 4h du matin dans la rue dans le quartier Nagrin le 14 novembre 2020.

A la barre, Badolo ne reconnaît pas les faits. Il conte que le jour des faits, il s’est retrouvé avec ses amis dans un maquis au quartier Nangrin. Et au cours de la soirée, il a sympathisé avec D, la victime, une jeune dame de nationalité étrangère. Il assure, que celle-ci lui a même servi de la boisson, un geste qui lui a laissé croire qu’elle était serveuse. Ainsi, poursuit-il son récit, il a commandé à boire et à manger pour D avant de faire un arrangement avec elle afin qu’il termine la soirée ensemble en échange de 12 500 F. Un deal, soutient Badolo que D a accepté.

Le marché conclu, narre Badolo, ils ont pris le chemin de son domicile. Mais à son grand désarroi, juste au pas de sa porte, D s’est ravisée et a dit qu’elle préférait rentrer chez elle. Une réponse qui a déplu à Badolo qui, sur le champ, l’a sommé de lui rembourser ses 12 500 dans ce cas. «Elle a refusé, et je l’ai saisi par la main pour la forcer à me rendre mon argent», lâche-t-il. Et de poursuivre que celle-ci s’est ensuite enfuie chez des voisins occasionnant un tohu-bohu qui a attiré l’attention de fidèles musulmans partant à leur prière.

Ce récit n’est pourtant pas conforme à ce qu’a déclaré la victime, ni selon les déclarations recueillies des témoins, lui fait entendre le ministère public. «Il est ressorti que lorsque les fidèles musulmans vous ont trouvé, les vêtements de la femme étaient déchirés ne lui laissant plus que son slip. Le voisin de la dame a également témoigné que vous l’avez poursuivie jusqu’à son domicile en escaladant le mur. Et lorsque ce dernier vous a interpellé, vous lui avez répondu qu’elle a bouffé votre argent et que vous êtes venus pour prendre pour vous aussi», lance le procureur en lisant les procès-verbaux d’enquête. Il ajoute à cet effet, que Badolo lui-même a reconnu ses déclarations au commissariat. «Ils m’ont battu au commissariat», se défend le prévenu pour justifier ses déclarations antérieures.

Le procureur dans ses réquisitions, relève d’abord que selon les déclarations de la victime, il n’a jamais été question d’une remise de somme de 12 500 en échange de rapport sexuel. Elle a juste vu en lui un bon samaritain qui pouvait l’escorter chez elle au regard de l’heure avancée. Le parquet a tenu à interpeller Badolo qu’il aurait pu être poursuivi pour tentative de viol au regard de la gravité des faits. Toutefois, il a quand même requis contre lui, une peine de prison d’un an ferme, assortie d’une amende de 500 000 avec sursis pour les faits d’attentat à la pudeur.

Quant au Tribunal, il a jugé Badolo coupable et condamné à un emprisonnement d’un an, plus une amende de 500 000, le tout assorti du sursis. En guise de conseils, le Tribunal l’a invité à maîtriser à l’avenir ses pulsions.

Burkimbia.com

Source : Zoodomail

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