Devant le Tribunal : « le Burkina n’est pas le lieu de convergence de tous les proxénètes », fustige le Procureur

Cynthia, son frère Davidson et un autre de leur compatriote comparaissaient devant le TGI de Ouagadougou le 10 février 2021 pour des faits de proxénétisme portant sur quatre mineures nigérianes. L’audience suspendue à ce jour a repris le 24 février 2021 avec les réquisitions du procureur ainsi que la plaidoirie de la défense.

Après les faits relatés par les prévenus lors de l’audience passée et qui convergeaient à dire qu’ils ont simplement voulu aider les jeunes filles en les hébergeant. Ils ont poursuivi la même ligne de défense en réaffirmant que les filles ont elles-mêmes déclaré qu’elles pratiquaient la prostitution au Nigeria et c’est ce travail qu’elles comptaient continuer en venant au Burkina. Il ressort également des déclarations de Cynthia, Emmanuel et Davidson que la communauté nigériane leur a réclamé 300 000 francs lorsqu’elle a appris qu’ils hébergeaient les filles. Une réclamation à laquelle ils ont refusée d’accéder et qui a abouti à la déposition de la plainte contre eux.

Mais qu’à cela ne tienne, le procureur estime que les filles étaient dans une situation de vulnérabilité puisqu’elles ne connaissaient personne d’autre à part eux au Burkina. Et les prévenus, dit-il, en ont profité avec méchanceté pour leur affliger ce sort. Ces quatre mineures souligne le parquet, ne souhaitaient certainement qu’une seule chose, retourner au Nigeria quand elles ont su que le travail qu’on leur proposait était la prostitution.

Relevant, que le Burkina ne peut pas être le lieu de convergence de tous les proxénètes, le ministère public a requis que les faits soient requalifiés en tentative de proxénétisme. Et en répression, que Cynthia, Davidson et Emmanuel soient condamnés chacun à une peine de 60 mois de prison dont 48 mois fermes ainsi qu’à une amende de 3 millions, ferme.

Le conseil des prévenus, lui pense qu’il n’a jamais été question de proxénétisme. Les filles étaient déjà des prostituées au Nigeria et ont volontairement demandé à suivre Emmanuel pour venir au Burkina. Les filles ont même complété le transport d’Emmanuel qui leur a simplement rendu service, note l’avocat. En ce qui concerne les faits de viol, reprochés à Davidson, le conseil insiste que la fille que son client a prise était pour en faire sa copine et celle-ci était du reste, consentante. Et d’ajouter, que nulle part dans les pièces versées au dossier, il ne ressort que les filles étaient mineures donc ces dernières auraient pu très bien mentir sur leur âge.

Le verdict du Tribunal a été la relaxe au bénéfice du doute de Davidson pour les faits de viol. Par contre, pour les faits de proxénétisme, ils sont tous les trois condamnés à 24 mois de prison, dont 6 mois fermes ainsi qu’à une amende d’un million, ferme.

Burkimbia.com

Source : Zoodomail

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