Ouverture illégale d’une clinique : dix personnes comparaissent devant le Tribunal

Ils étaient dix personnes à comparaître devant le TGI de Ouagadougou le 2 avril 2021. Quatre femmes et six hommes, ils répondaient entre autres des faits d’ouverture illégale d’une clinique, d’exercice illégal de la profession de pharmacien, d’exercice illégal de la profession de médecin, de détournement et de recel de médicaments destinés à la gratuité des soins.

Devant le Tribunal, la plupart des prévenus ont reconnu les faits à eux reprochés. Gango, prévenu d’exercice illégal de la profession de médecin, de recel de médicaments et d’ouverture illégale d’une clinique qu’il a aménagée dans son domicile est le premier à s’exprimer. Se réclamant auxiliaire en pharmacie, Gango affirme qu’il y est, en tant qu’actionnaire. La clinique en question n’aurait pas été ouverte en son nom mais en celui de M. So, un infirmier d’Etat à la retraite qui lui a donné son autorisation d’ouverture d’un CSPS acquis en 2018.

En ce qui concerne le recel de médicaments, il avoue qu’il s’approvisionnait auprès de sages-femmes, d’un infirmier d’État et d’un commerçant de Sankar-yaare qui lui a assuré qu’il était un revendeur de la CAMEG. Cependant, pour les faits d’exercice illégale de la profession de médecin, il réfute les accusations. Il n’a ni fait des consultations, ni prescrit des ordonnances, encore moins pratiqué des chirurgies sur des patients comme il lui est reproché. Il y avait par contre deux infirmiers qui travaillaient au nom de la clinique, a-t-il fait entendre.

Au tour de M. So de s’expliquer, l’infirmier d’Etat lance, «c’est Gango qui a ouvert sa clinique». C’est la première fois dit-il qu’on lui attribue la paternité de cette clinique. Il ajoute qu’il a effectivement obtenu une autorisation d’ouverture d’un CSPS en 2018 qu’il a ouvert dans un non-loti et c’est en janvier 2021 que Gango accompagné d’un médecin du nom de Somé, seraient venus lui demander son autorisation d’ouverture.

Ce sont les restes de kits d’accouchement offerts aux parturientes dans le cadre de la gratuité des soins qu’elles revendaient auprès de Gango

Somé, pour sa part reconnait qu’il savait que c’est l’autorisation de M. So que Gango a utilisée pour ouvrir sa clinique. C’est également lui qui s’est chargé de trouver les deux infirmiers qui officiaient dans la clinique. Quant aux quatres femmes, toutes des sages-femmes des CMA de Pissy et Kossodo pour ne pas les citer, elles reconnaissent avoir vendu des médicaments à Gango.

Rapportant à peu près les mêmes versions, les quatre sages-femmes déclarent que ce sont les restes de kits d’accouchement offerts aux parturientes dans le cadre de la gratuité des soins qu’elles revendaient auprès de Gango. Des restes de kits d’accouchement composés de gants, de perfuseurs, de compresses etc, partagés entre sages-femmes au sein des centres de santé selon la pratique, indiquent-elles.

Au début, laissent par ailleurs entendre les sages-femmes, après le partage des restes de kits, elles emmenaient à la maison pour soigner leurs parents jusqu’à ce qu’elles prennent connaissance du circuit de vente avec Gango. Sur la raison de ce partage des restes de kits d’accouchement entre sages-femmes devenue une pratique dans les formations de santé, les prévenues évoquent l’inexistence d’un système de retour qui ne permettrait pas de remettre les médicaments au dépôt. Sayouba, infirmier d’État pour sa défense, assure qu’il ne vendait pas les médicaments à Gango. Exerçant à Gaoua, il soutient qu’il lui en donnait régulièrement et gracieusement au nom de la couverture sanitaire.

Le commerçant de Sankar-yaare, a lui avoué sans détours qu’il vendait des médicaments frauduleusement payés au Ghana à Gango. Le dixième prévenu comparaissant indépendamment de l’affaire Gango et compagnie est lui aussi accusé d’ouverture illégale d’un CSPS. Ce dernier a reconnu les faits, se justifiant qu’il a passé outre l’obtention de l’autorisation d’ouverture du fait de la lenteur administrative qui ne lui permettait pas d’ouvrir rapidement son CSPS.

Compte tenu de l’heure avancée, le dossier a été suspendu et renvoyé au vendredi 9 avril prochain.

Burkimbia.com

Source: Zoodomail

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