Barrage de Boulmiougou:  » Nacceptez pas me laisser mourir pour des intérêts de quelques individus « 

Dans le cadre de la 22ème édition de la Journée nationale du Paysan (JNP) tenue cette année à Manga, nous avons encore une fois escale de quelques jours à Ouagadougou. Et à chaque fois que nous traversons le pont du barrage de Boulmiougou, nous sentons qu’il nous interpelle pour nous dire quelque chose. Cette fois-ci, le samedi 30 avril 2021, nous avons été stoppé par ce barrage en larmes, en détresse et dans l’agonie. Nous l’avons écouté après avoir marqué un arrêt à sa demande. Il nous a chargé un message d’espoir et alarmant à l’endroit de son Excellence Roch Marc Christian Kaboré, Président du Faso. Voici le message :

 » Je suis le barrage de Boulmiougou. J’ai fait la pluie et le beau temps pour le bien-être des Ouagavillois et des usagers de la nationale n°1. Comme vous et moi constatons depuis un certain nombre d’années, ma cuvette se vide d’année en année et presque rien aujourd’hui. Les ministres des aménagements hydrauliques me traversent sans dire un mot, même me regarder. Je suis abandonné et oublié par méchanceté non seulement par les habitants et par le gouvernement burkinabè. J’entends dire qu’on ne peut plus me curer. Donc, il faut me laisser mourir de mon lit d’eau. Et je meurs à petit feu sans que personne ne lance un cri de cœur pour me sauver.  De mon vivant, j’ai servi du poisson, ma fraîcheur, mes eaux et même contribuer à faire tomber la pluie pour le bien -être de la population. Mes eaux ont été d’un grand service pour les sapeurs-pompiers, les jardiniers, les maçons, mon poisson pour la bonne cuisine, la beauté des couleurs de mes eaux aux usagers, ma fraîcheur pour atténuer la chaleur et bien d’autres que j’en oublie. Je ne vivais pas de mes eaux, ni de mon poisson. Comme on le dit, les rivières ne vivent pas de leurs eaux, ni de leurs poissons. Les abeilles ne vivent pas de leur miel et bien d’autres encore que j’en oublie. Pourquoi me tourner le dos en me laissant mourir? Je suis ensablé, ma cuvette est vide d’eau, ma beauté d’une dame de fée a disparu, mon poisson aussi. Personne ne me tend la main comme si de mon vivant, je leur ai été ingrat. Je te fais arrêter pour que tu transmettes mon message au Président du Faso car tu es la voix des sans voix et ton nom botanique signifie en pays Gourounsi  » marigot ou fleuve  » et je le sais bien que toi. Ailleurs, on sauve des fleuves, des marigots et barrages. Pourquoi veulent-ils me laisser mourir forcément? Je n’ai pas servi la Nation burkinabè ? Redonnez-moi la vie pour le bien-être de mes petits-enfants, arrière-petits-enfants pendant des siècles et des siècles. Je sais qu’on veut me laisser mourir et me remplir de terre, puis me morceler à usages d’habitations, de maquis, de stations-services de  carburants, de chambres de passes mais je dis non. Peut-être, ils l’ont déjà fait théoriquement. Ils m’ont partagé et chacun connait déjà sa parcelle. Mais n’acceptez pas cela pour des intérêts de quelques individus. Faites-moi sauver car je suis une vieille marmite qui peut encore faire de la bonne sauce aux générations à venir. Réhabilitez-moi comme vous le faites ailleurs. Je ne serai pas trop long avec vous monsieur le journaliste, porte-parole des sans voix et même des fleuves. Si mon cri de cœur est entendu par la population et le gouvernement burkinabè, le jour de mon désensablement pour me redonner la vie et ma beauté de fée, reviens retracer des lignes pour dire que mon cri de cœur a été entendu. Que  la Paix et la sécurité reviennent au Burkina et que mes eaux, ma fraîcheur, mon poisson servent le Faso entier « . Tel était le message du barrage de Boulmiougou en larme écouté pour vous le samedi 30 avril 2021.

David Demaison NEBIE

Représentant Régional de la Boucle du Mouhoun

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