Mission de la CEDEAO au Mali : Goodluck Jonathan en discussion avec les nouvelles autorités

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) poursuit sa médiation au Mali. L’envoyé spécial Goodluck Jonathan est à arrivé Bamako le mardi 8 juin 2021 pour rencontrer les nouveaux président et Premier ministre de la transition, le colonel Assimi Goita et Choguel Kokalla Maiga.

La visite de l’ancien président nigérian survient au lendemain de l’investiture du colonel Assimi Goïta. « Il n’y a pas d’attente majeure. L’essentiel est d’avoir une conversation avec le President, qui lors sommet d’Accra en mai, était le vice-président, et avec le nouveau premier ministre. Les militaires ont accepté que le Premier ministre soit un civil. Je ne pense donc pas qu’il y aura un conflit entre le Premier ministre et le Président », a déclaré Goodluck Jonathan.

Invoquant la gravité de la situation, Assimi Goïta et les colonels ont conduit deux putsch, le 18 août 2020 pour renverser le président Ibrahim Boubacar Keïta, et le le 24 mai dernier pour évincer le Président et le Premier ministre de transition et prendre de facto la tête de l’Etat. Le colonel Goïta s’est ensuite fait déclarer président par la Cour constitutionnelle et investir par la Cour suprême.

Deuxième coup de force

Ce deuxième coup de force en neuf mois suscite l’inquiétude des partenaires du Mali. La CEDEAO, l’Union Africaine et la France exigent des garanties sur la tenue d’élections en février 2022. Lundi, le colonel Goïta a paru vouloir donner des gages à ses partenaires étrangers, déclarant son intention d’organiser des élections présidentielle et législatives « aux échéances prévues » et de boucler ainsi la transition en 18 mois.

Le nouveau Président de transition a assuré que son pays continuerait à mettre en œuvre un important accord de paix signé en 2015 avec certains groupes armés et jugé primordial pour stabiliser le pays.« Le Mali va honorer l’ensemble de ses engagements », a-t-il dit.

Sitôt investi, il a accédé à une autre demande en nommant un Premier ministre civil, en la personne de Choguel Kokalla Maïga, vétéran de la politique et figure du mouvement dit du 5-Juin (M5). Ce collectif avait mené la contestation contre le président Keïta en 2020.

Gouvernement inclusif

Choguel Kokalla Maïga mène à présent des consultations pour former un gouvernement. Il est resté vague sur les délais ; « ça ne doit pas tarder », a-t-il dit. Il a assuré que ce gouvernement serait « inclusif », comme le réclament les partenaires du Mali, préoccupés que les querelles intérieures, dans un climat tendu, ne sapent son action. « Dans tous les domaines on va pratiquer la rupture, une rupture positive dans l’intérêt des Maliens », a-t-il dit, « c’est une équipe qui va sortir le Mali de l’ornière ».

La France a dit attendre de juger sur des actes. Elle a « pris note des assurances » délivrées par le colonel Goïta et du choix d’un Premier ministre, a dit la porte-parole du ministre français des Affaires étrangères. « Nous restons attentifs aux prochains actes qui devront être pris par les autorités maliennes pour clarifier le cadre de la transition politique », a-t-elle dit.

Outre le M5, les principaux partis ont fait acte de soutien, comme l’Union pour la République et la démocratie, ou d’ouverture, comme le Rassemblement pour le Mali, de l’ancien président IBK. La coordination des sympathisants de l’influent imam conservateur Mahmoud Dicko a « pris acte » des nouvelles réalités à Bamako.

Les dirigeants de la CEDEAO doivent se réunir à nouveau en session ordinaire le 19 juin au Ghana.

Burkimbia.com

Source : AFP

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