Dialogue politique au Burkina : L’opposition félicite l’attitude de la majorité

Au lendemain de la clôture du dialogue politique national (15-22 juillet 2019), le Chef de l’opposition politique au Burkina-Faso (CFOP-BF) a animé une conférence de presse autour du sujet. Dans l’ensemble, l’opposition s’est félicitée de l’état d’esprit qui a régné durant les travaux et émis le vœu que le gouvernement joue sa partition par la mise en œuvre des décisions consensuelles. C’était à travers sa conférence de presse hebdomadaire de ce mardi, 23 juillet 2019 à Ouagadougou.

Pour le rendez-vous de cette semaine, la mobilisation des responsables des partis membres du CFOP-BF était forte autour de leur porte-parole, Zéphirin Diabré, principal et unique intervenant à la conférence. Celui-ci a d’abord fait observer qu’au terme des travaux du dialogue politique, plusieurs positions opposées préalablement ont obtenu un consensus. Puis, il est revenu sur les différents points, tels que ressortis dans le rapport de synthèse.

« Nous relevons un seul point non consensuel : la question de l’utilisation de la carte consulaire comme document d’enrôlement et de votation pour les Burkinabè de l’étranger.

En outre, plusieurs questions ont fait l’objet de retrait de l’ordre du jour, faute d’accord. Ce sont, entre autres la règlementation des réseaux sociaux, l’utilisation de l’acte de naissance comme pièce d’enrôlement, le renforcement des pouvoirs de l’ASCE (ASCE-LC, Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption) et la relecture de la Loi 045 sur le droit de grève », explique le CFOP-BF, Zéphirin Diabré.

Selon le conférencier, les travaux se sont tenus dans une très bonne ambiance et les participants (majorité et opposition) ont su taire leurs différences et leurs divergences pour, ensemble, porter la réflexion sur comment ramener la paix au Burkina, renforcer la démocratie et trouver des solutions aux problèmes que traversent les Burkinabè. ‘’Belle ambiance, non seulement entre participants, mais également entre les deux co-présidents’’, insiste-t-il, précisant qu’il était inimaginable pour une certaine opinion que les deux co-présidents, Simon Compaoré et Zéphirin Diabré s’asseyent ensemble (on se souvient qu’alors ministre de la Sécurité, Simon Compaoré s’était rendu au domicile d’un député, armé d’une kalachnikov et portant un gilet pare-balles. Ce qui a valu une plainte du CFOP-BF, Zéphirin Diabré, contre le ministre pour ‘’port illégal d’arme de guerre’’.

Le CFOP-BF a tiré son chapeau à la majorité pour ‘’son esprit de concession et sa retenue’’ au cours de ce cadre d’échanges.

« L’opposition salue l’initiative du Chef de l’Etat de convoquer ce dialogue. C’est un acte de grandeur. Tout en souhaitant que le fil du dialogue ne soit pas rompu, l’opposition promet de répondre présente à chaque fois qu’elle sera invitée à discuter des questions d’intérêt national. Car, les intérêts de politiciens doivent être relégués au second plan, lorsque les fondements de la Nation sont menacés. L’opposition en participant à ce dialogue en toute bonne foi a joué sa participation. Il appartient désormais au pouvoir de traduire les engagements pris en réalité pour donner tout son sens à ce dialogue conformément aux engagements du Chef de l’Etat », lit-on dans la déclaration liminaire.

Cependant, souligne M. Diabré, le consensus sur des revendications ne doit pas être interprété comme une pose d’armes de l’opposition, ou une raison pour l’opposition de se taire quand ça ne va pas. « La majorité continuera à gouverner, et nous continuerons à jouer notre rôle de veille et de critique constructive, pour le bien de notre Nation », a conclu le CFOP-BF.


Lefaso.net

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