Côte d’Ivoire : Henri Konan Bédié reste campé sur ses propos controversés sur les étrangers

L’ancien président ivoirien, Henri Konan Bédié est sorti jeudi, 27 juin 2019 à la faveur d’une rencontre du Bureau politique de son parti, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI).

Mercredi, 5 juin 2019, face à des représentants de son parti, le PDCI, Henri Konan Bédié a « dénoncé » le phénomène de l’orpaillage clandestin pour lequel, dit-il : « on fait venir des étrangers armés qui sont stationnés dans beaucoup de villages ». Il avait aussi dénoncé une « fraude » organisée à l’identité ivoirienne, indexant en particulier la commune d’Abobo dans le nord d’Abidjan. « Si c’est pour venir fausser les élections de 2020, nous voulons le savoir », s’est interrogé Henri Konan Bédié, ajoutant qu’« il faut que nous réagissions pour que les Ivoiriens ne se sentent pas étrangers chez eux ».

Des propos qui ont fait beaucoup de bruits, rappelant non seulement les souvenirs douloureux d’un passé récent, mais également jetant une crainte sur les joutes électorales à venir.

Le gouvernement n’a pas tardé a réagi à travers un communiqué fustigeant « des propos d’une extrême gravité, de nature à mettre en péril l’unité nationale ». Pour le gouvernement ivoirien « l’instrumentalisation de la haine de l’étranger par le président Henri Konan Bédié et les dérives qui en ont résulté ont été à la base des différentes crises que notre pays a connues depuis la mort du président Houphouët Boigny ».

Le lundi suivant, via une conférence de presse, le chargé de communication du PDCI, Jean-Louis Billon, précisait : « Henri Konan Bédié n’a fait que porter à l’attention de l’opinion des faits troublants et inquiétants. (…). L’orpaillage clandestin est la principale raison des conflits intercommunautaires sur l’ensemble du territoire ». Pour lui, c’est le gouvernement qui instrumentalise ces questions pour « détourner les Ivoiriens de leurs préoccupations ».

Rebelotant ce jeudi, 27 juin 2019, Henri Konan Bédié a accusé le gouvernement de vouloir le museler.

« Le gouvernement ivoirien demande à l’opposition politique (…) de garder le silence et d’abandonner les citoyens, en proie à l’angoisse, aux craintes et à la misère sociale », maintient l’ancien président Henri Konan (1993-1999).

Ce qui suscite désormais des interrogations autour de celui-là qui a été renversé par un coup d’Etat en décembre 1999. Ce, d’autant que l’ambiance politique nationale à l’approche de la présidentielle à venir, 2020, fait déjà craindre de nombreux observateurs quant aux risques d’une crise post-électorale.

Lefaso.net

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