Affaire Yirgou : le CISC en sit-in le 10 janvier prochain

Plus de 210 morts ont été enregistrées dans les tueries de Yirgou aux premiers jours de l’année 2019 selon le Collectif contre la Stigmatisation des Communautés (CISC). Face à la presse le dimanche 5 janvier 2020, le collectif a qualifié cet acte de génocide et a annoncé un sit-in pour le 10 janvier devant le Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou.

Le Collectif contre la Stigmatisation des Communautés (CISC) annonce plusieurs actions dont un sit-in le 10 janvier 2020 devant le Tribunal de Grande Instance de Ouagadougou pour apporter son soutien aux acteurs judiciaires, notamment ceux du TGI de Kaya, pour faire sereinement leur travail. Ledit collectif entend  poursuivre  son action devant les institutions internationales compétentes. Ces actions du CISC interviennent un an après que des représailles dirigées contre la communauté peulh suite à l’assassinat du chef coutumier de Yirgou font plusieurs morts. Bilan : 46 selon le gouvernement et 216  selon  le Collectif.

En effet, dans la nuit du 31 décembre 2018, puis les jours du 1er, 2 et 3 janvier 2019, le village de Yirgou dans la région du Centre-nord, a vécu des évènements malheureux suite à l’assassinat du chef dudit village, par ailleurs conseiller municipal de Barsalgho, commune d’où relève le village.

« Les personnes tuées les 1er, 2 et 3 janvier 2019 à Yirgou et villages environnants sont toutes exclusivement des Peuhls », ont affirmé les animateurs de la conférence de presse. Et ces derniers de s’insurger du fait que durant ces trois jours, la communauté peulh a subi la furie des Koglwéogos, un massacre sans précédent, sans que les autorités nationales et locales ne soient à mesure de leur porter secours et assistance selon eux. Après avoir mené ses enquêtes, le CISC a pu établir 216 victimes.

En déplorant une certaine inertie sur l’évolution de la situation, notamment sur le plan judiciaire, les conférenciers ont fait savoir que le Parquet du TGI de Kaya a ouvert deux enquêtes judiciaires à savoir une pour élucider les faits relatifs à l’assassinat du chef de Yirgou et des membres de sa famille et l’autre relative au massacre de la communauté Peulh.

Concernant la première, les conférenciers ont confié qu’elle n’aurait pas pu permettre d’identifier les présumés auteurs. La seconde, quant à elle, a permis  à ce jour d’identifier 55 corps et 66 disparus. Elle a permis en outre d’identifier près de 200 personnes soupçonnées d’avoir participé au massacre. Egalement, ce sont 180 mandats d’amener qui  ont été décernés, mais seuls 12 mandats ont pu être exécutés jusqu’à ce jour. Ces 12 personnes ont été inculpées des faits de présomptions graves de crime de génocide, de meurtres, de destructions volontaires de biens, de coups et blessures volontaires et de dissimulations de cadavres.

Wakiyatou KOBRE

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