Sommet de Pau : l’avis des Burkinabè sur la conclusion des travaux

Les conclusions du sommet de Pau en France le lundi 13 janvier 2020 suscitent beaucoup de commentaires chez les Burkinabè. Au lendemain de la tenue dudit sommet, nous avons recueilli les propos de quelques Burkinabè.

Gilles Sawadogo étudiant à l’université de Bourgogne en France joint par téléphone

Les conclusions du sommet ne sont pas surprenantes. Il est clair qu’il y a une divergence entre la position des gouvernants et celle des populations. Un observateur averti de la situation sait qu’il n’aurait jamais été question de retrait de l’armée française à cette occasion.

Le but était de clarifier le cadre et les objectifs de l’intervention française.

Macron était agacé par ce qu’il a appelé le sentiment antifrançais, surtout lorsqu’il est sponsorisé ou relayé par des responsables politiques.

Les accusations relayées contre la France ne sont pour la plupart que des superstitions et de la manipulation. Je l’ai toujours dit, si l’on pense que la France fait partie du problème, l’on ne doit pas l’associer à la recherche de la solution. Pour l’heure, il n’y a rien d’établi que la France constitue le problème du terrorisme dans la zone. L’ennemi identifié est l’Etat islamique (EIGS). A cela s’ajoutent d’autres groupes de narcotrafiquants. Donc focalisons-nous à combattre les ennemis Identifiés.

Pour une question de fierté et de souveraineté, nous pouvons envisager de nous battre seuls sans l’aide d’une quelconque puissance extérieure. Mais pour cela, il va falloir travailler encore dur, nous doter d’une stratégie de défense et des moyens qui vont avec. Il est clair que si l’armée burkinabè est plus forte aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a deux ans. Dans quelques années, nous pouvons atteindre un niveau où nous n’aurons peut-être plus besoin d’aide. Mais pour l’heure, ce n’est pas le cas. Les dirigeants en sont conscients et c’est en toute responsabilité qu’ils ont décidé à Pau.

Une citoyenne qui a requis l’anonymat

Je ne fais pas la politique. Donc je ne peux pas me prononcer sur ce sommet dont tout le monde en parle. Cependant nous voulons la paix. Vivement que ces attaques cessent dans notre pays.

Nous croyons que c’est notre dignité et notre souveraineté qui ont pris un coup.  Une honte pour les pays de l’espace G5 Sahel et  c’est à la société civile africaine d’être déterminée et éclairée pour ne plus se laisser faire dans cette forme de relation avec n’importe quelle puissance étrangère. Nous demandons le départ des forces étrangères et qu’ils utilisent les moyens qu’ils ont, pour équiper nos Forces de Défense et de Sécurité de moyens  logistiques.

Lassané Ouédraogo, coordonnateur du Mouvement 226 Citoyen

Les chefs d’Etat qui étaient au sommet de Pau ne sont pas allés dans la volonté des populations parce que s’il y avait lieu de faire une clarification, ce sont les chefs d’Etat qui devaient la demander à la France pour savoir pourquoi avec tout le dispositif qu’elle a, il y a une persistance des attaques terroristes dans les pays tout en demandant de revoir les termes de coopération.

Ils ne peuvent pas coopérer sur nos terres sans  que nous ayons le moindre contrôle de leurs actions. Ce sont eux qui donnent les communiqués comme ils veulent. Alors, il faut qu’on associe nos Forces de Défense et de Sécurité.

Wakiyatou KOBRE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *