Polémique concernant l´affectation de policiers dans les ambassades : le SAMAE contrattaque avec un droit de réponse

Monsieur le Ministre,
Suite à la crise qui secoue le Ministère des Affaires étrangères, depuis maintenant une semaine, vous avez bien voulu porter à la connaissance de l´opinion publique nationale et internationale, votre lecture de la situation.

C´est avec beaucoup d´attention que les membres de l´ancien bureau du SAMAE ont pris connaissance de votre publication, relayée par plusieurs canaux de communication.

Dans votre démarche, vous avez fait des allégations mettant en cause la responsabilité de l’ancien bureau du SAMAE, toute chose qui nous impose le droit et l´obligation de donner notre version des faits.

En dépit du respect dû au statut de votre fonction, nous tenons, par la présente réponse, à apporter un démenti formel et sans équivoque à vos allégations calomnieuses par lesquelles vous tentez maladroitement de diviser les diplomates et divertir l’opinion face à cette question. Fort heureusement, les hommes qui ont toujours animé le SAMAE ont su éviter votre stratégie « du diviser pour mieux régner ».

En rappel, c´est en septembre 2017 que l´ensemble des militants du SAMAE, nous ont investis de la responsabilité de conduire le bureau, en vue de la défense des intérêts matériels et moraux des agents des Ministères en charge des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine, pour un mandat de deux ans.

Dès lors, notre mission a porté essentiellement sur la mise en œuvre des points d´accord du Protocole signé, le 29 juin 2017, entre le Gouvernement et le SAMAE.
Pour un souci de concision, nous nous permettrons de ne pas nous attarder sur vos tentatives approximatives de justifier à la face de l´opinion publique, la nécessité, la légalité et la légitimité de l´affectation d´agents de police pour la sécurisation des locaux de nos missions diplomatiques et postes consulaires à l´étranger.
Par contre, la partie de votre écrit qui intéresse le présent propos concerne le paragraphe où vous dites :

« C´est alors que j´ai confié depuis 2018 le dossier à un de mes conseillers techniques, l´Ambassadeur Der Kogda. J´en ai tenu informé le bureau du SAMAE. Et jusqu´à lundi dernier 10 février 2020, je n´ai jamais reçu une opposition du Syndicat à ce projet. ».

Monsieur le Ministre,

Il vous souviendra que notre bureau avait effectivement, au cours de l´année 2018, eu vent de votre intention de demander le détachement d´agents de police, pour être mis à la disposition du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, en vue de leur affectation dans les missions diplomatiques. Il s´agissait, en son temps, d´un contingent de 22 éléments.

A notre demande de vous rencontrer pour clarifier cette situation absurde dans son fond, vous nous aviez expliqué qu´il s´agissait uniquement de la sécurisation des locaux du Ministère et qu´il n´était guère question d´une quelconque affectation en Ambassade. Nous vous avions rétorqué que pour la sécurisation des locaux du ministère, il n´était point besoin de procéder à un détachement de tout une unité, dans la mesure où il existait déjà un poste de police au sein du ministère.

Vous nous répliquiez en disant que l´objectif était d´avoir des éléments de sécurité qui soient permanents au Ministère, de sorte à leur permettre de se familiariser avec les agents du département, ce qui faciliterait le travail de sécurisation surtout vis-à-vis des usagers du ministère. Une explication qui nous avait rassurés qu’une affectation massive de fonctionnaires de police en ambassade, relevait de la rumeur. C’est sur ce, que nous nous sommes quittés.

Mais contre toute attente, vous insinuez publiquement aujourd’hui et ce, à la veille des élections, que notre bureau a cautionné une entreprise politique dans laquelle vous vous êtes embarqué tout seul, contre vents et marées.
Durant notre mandat, nous nous sommes évertués à trouver avec responsabilité des solutions à nos différentes préoccupations et nous avons toujours opposé l’argument juridique face aux velléités d’envoi de policiers dans nos représentations diplomatiques et postes consulaires.

Ainsi, d’échec en échec, et en manque d’arguments, vous vous appuyez sur un supposé besoin exprimé par certaines Ambassades et, au moment où vous parlez de rationalisation des effectifs dans ces ambassades, pour dérouler votre plan dans un contexte où le pays a tendu la main vers l’extérieur pour un appui militaire (hommes et matériel) pour faire face à la situation sécuritaire dégradée.

Comment donc pouvons-nous rester silencieux face à votre sinistre projet ?
Pourquoi ramer à contre-courant du droit international et dépouiller nos villages, en quête de sécurité, de policiers déjà en nombre insuffisant pour des ambassades dont la protection relève de la responsabilité des Etats dans lesquels ces ambassades sont implantées ?

Nous avons toujours voulu faire du dialogue le principe cardinal de notre démarche dans les différentes négociations que nous avons eues avec l´administration dont vous êtes le responsable. Et dans la résolution des différentes crises qui ont émaillé notre mandat, la bonne foi et la parole donnée, si chères à notre profession, ont été les ferments qui nous ont toujours permis d´arriver à certaines concessions avec nos partenaires.

Mais nous faisons encore aujourd’hui le triste constat, avec cette énième crise que vit le département des Affaires étrangères, que la ruse, la manipulation et la délation constituent votre sport favori, pour vous sortir de situations aventurières dont vous êtes l’unique responsable.

Pourtant, pour la haute fonction que vous incarnez, nous estimons, en toute humilité, que certaines valeurs essentielles devraient être les marques de votre action et de votre démarche de tous les jours.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, les assurances de notre considération.

Les membres du Bureau SAMAE 2017-2019

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