Déclaration sur le refus du maire de Tenkodogo de discuter avec l’ODJ en tant qu’organisation légalement reconnue

Le 6 janvier 2020, une délégation du comité ODJ Yorghin/Hamdalaye s’est rendue à la mairie de Tenkodogo munie de sa plate-forme revendicative actualisée. Elle avait une audience avec le maire afin d’échanger avec lui autour des questions soulevées par la plate-forme revendicative. Mais qu’elle ne fut la déception de la délégation lorsque le secrétariat lui fit savoir que le maire serait prêt à échanger avec elle, à la condition que le nom de l’ODJ ne soit pas rattaché aux revendications ?

Il est difficile de comprendre la position d’un maire élu par les populations et qui refuse à ces dernières leur droit de s’organiser dans le cadre de leur choix, en l’occurrence l’organisation démocratique de la jeunesse du Burkina Faso (ODJ). Monsieur Harouna OUELEGO est-il maire de toutes les populations de la commune sans distinction aucune ou l’est-il uniquement pour le compte d’un parti politique ? L’ODJ est une organisation de jeunesse du Burkina Faso qui lutte pour de meilleures conditions de vie des populations. Elle existe bien dans la province du Boulgou depuis 2007 à travers sa section provinciale. Aujourd’hui elle compte des sous-sections et des comités à travers la commune de Tenkodogo. D’où vient donc l’acharnement du maire Harouna OUELEGO contre l’ODJ et sa volonté de ne pas la reconnaitre en tant qu’organisation représentant des populations de la commune ? Une raison existe certainement à cela. La haine du maire de la commune de Tenkodogo et de certains de ses alliés contre l’ODJ remonte en 2018 lorsque les populations des zones non-loties dites Yorghin et Hamdalaye au secteur 6 de Tenkodogo étaient menacés de déguerpissement. Ces déguerpissements entraient dans le cadre des préparatifs du 11 décembre 2019 dans la région du Centre-est. Après de vaines tentatives de discuter leur sort avec les autorités municipales et régionales, les populations concernées font appel à l’ODJ pour les aider à s’organiser et à poser leurs problèmes. Ce qui fut fait. Face à l’opinion confuse, le comité ODJ organise le 27 janvier 2019 un point de presse au cours duquel il précise :« Nous tenons à rassurer l’opinion publique que les populations de Yorghin et Hamdalye ne sont pas contre le 11 décembre qui va se tenir à Tenkodogo, bien au contraire, cela nous réjouit de savoir que notre ville va abriter un tel évènement ! Mais nous pensons que cela doit se faire avec toutes les filles et tous les fils de la localité et dans le respect des droits des populations ». Malgré les plaidoyers, les sit-in et autres points de presse, les populations sont déguerpies dans les conditions particulièrement violentes le 4 février 2019.  Depuis lors, les populations déguerpies vivent le supplice. Elles peinent à se trouver un abri et leurs représentants sont devenus des parias aux yeux des autorités communales de Tenkodogo. Pourtant, les problèmes posés sont justes. La question foncière dans la commune de Tenkodogo est une bombe à retardement. Ainsi, un millier de filles et fils de la commune errent sans abris et ne savent à quel saint se vouer. La raison en est qu’ils ont été chassés sans management de leurs lopins de terre sous le prétexte qu’ils avaient reçu des parcelles par famille lors des lotissements de 2009-2010.

Pour ces raisons, le maire OUELEGO souhaiterait sans doute ne pas voir ce côté sombre de ses décisions ; l’ODJ devient alors l’organisation à abattre. L’ODJ/Boulgou ne saurait accepter une telle attitude discriminatoire et criminalisante de la part d’un élu local censé représenter toutes les portions de la population communale.

C’est pourquoi, elle :

-Dénonce cette attitude anti-organisation et prend l’opinion publique à témoin, des velléités d’ostracisme de l’ODJ du maire OUELEGO ;

-Exige l’engagement de discussions franches avec les populations déguerpies de Yorghin et Hamadalaye pour une solution adéquate à leur situation ;

-Appelle la jeunesse et la population du Boulgou à se mobiliser et à s’organiser mieux pour la défense ferme de leurs intérêts moraux et matériels.

Vive la jeunesse consciente combattante du Boulgou !

Vive les populations en lutte !

Vive l’ODJ !

 

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