Ebola : Après la mort de deux patients et un troisième cas décelé en RDC, le Rwanda ferme sa frontière

Un deuxième patient atteint du virus, qui suscite l’inquiétude depuis un an de la population et les professionnels de santé, est décédé Goma, dans la nuit du mardi 30 au mercredi 31 juillet 2019.

Le Rwanda a fermé jeudi sa frontière avec la République démocratique du Congo (RDC) au lendemain de la mort à Goma en RDC d’une deuxième victime de l’épidémie d’Ebola ainsi que la découverte d’un troisième cas dans ce grand carrefour commercial situé à la frontière entre les deux pays. « Sur décision unilatérale des autorités rwandaises, les citoyens rwandais ne peuvent pas sortir pour Goma », a rapporté un communiqué de la présidence de la République démocratique du Congo.

Un deuxième malade d’Ebola est décédé à Goma, grande ville de l’Est de la République démocratique du Congo, et un troisième patient y a été testé positif au virus mercredi, suscitant l’inquiétude des populations de la région face à une épidémie qui défie les professionnels de santé depuis un an. Dans la province voisine du Sud-Kivu, quinze personnes ont été mises en quarantaine dans une localité riveraine du lac Kivu. C’est la première fois que des cas suspects d’Ebola ont été recensés dans cette province.

« Le malade confirmé d’Ebola à Goma est décédé, toutes les mesures pour couper la chaîne de contamination sont déjà prises », a déclaré Jean-Jacques Muyembe, le nouveau responsable nommé par la présidence congolaise pour coordonner la riposte contre l’épidémie. Ce malade était arrivé au centre de traitement « au 11ème jour de sa maladie, c’était vraiment sans espoir car la maladie était déjà à un degré très avancé. Il est donc décédé dans la nuit de mardi à mercredi », a indiqué de son côté le Dr Aruna Abedi, coordonnateur de la riposte contre Ebola dans la province du Nord-Kivu. « Nous demandons à la population de ne pas cacher les cas suspects. Le centre de traitement n’est pas un mouroir, il faut amener le malade à temps », a-t-il insisté.

« Urgence » sanitaire mondiale

Le premier cas détecté avait été enregistré à Goma le 17 juillet, peu avant le décès du patient. Le lendemain, l’OMS a élevé la dixième épidémie de fièvre hémorragique Ebola en RDC au rang d’urgence sanitaire mondiale.

Le troisième cas confirmé à Goma est une « fillette, âgée d’une année ». Elle n’est autre que l’une des dix enfants de la deuxième victime (un homme) « atteint d’Ebola et décédé mercredi au CTE de Kiziba », a déclaré un responsable de la riposte qui a souhaité rester anonyme.

Ville d’un à deux millions d’habitants, Goma est située sur le bord du lac Kivu et à la frontière avec le Rwanda. L’angoisse a gagné les habitants après l’annonce du deuxième décès dû à Ebola. « J’ai maintenant peur que cette maladie nous atteigne tous. Nous entendions parler de ça de loin et maintenant le virus est dans notre ville », s’est désolé une ouvrière de 27 ans, Anuarite Sifa.

Interdiction de circulation

Les Congolais peuvent traverser la frontière et quitter la ville rwandaise de Gisenyi, frontalière de Goma, ajoute le texte à cause de la fièvre hémorragique qui a déjà fait plus de 1.800 morts en RDC (dans les régions rurales du Nord-Kivu et d’Ituri, dans l’est du pays) en un an. Mais ils sont interdits d’y entrer, même s’ils y habitent. Les Rwandais, quant à eux, ont l’interdiction de se rendre à Goma.

Aucune information sur la fermeture de la frontière n’a été communiquée dans l’immédiat par Kigali. « Cette décision préjudicie plusieurs Congolais et expatriés qui vivent à Gisenyi mais travaillent à Goma », selon la présidence congolaise. « Les autorités congolaises déplorent cette décision qui va à l’encontre de la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) » sur la libre circulation des personnes dans la région, ajoute le communiqué.

Bateaux immobilisés

La maladie a jusqu’à présent été relativement circonscrite mais l’apparition de cas dans une ville comme Goma renforce la menace d’une propagation de l’épidémie déjà responsable de 1.803 morts, selon les derniers chiffres publiés mercredi par les autorités.

Mercredi avant midi, cinq bateaux en provenance de Goma ont été immobilisés dans le port de Bukavu, de l’autre côté du lac Kivu, provoquant l’inquiétude dans cette autre ville de l’est de la RDC. « Qu’allons-nous faire si Ebola arrive ici où il n’y a ni infrastructures sanitaires appropriées, ni une annonce de vaccination pour la prévention ? », se demandait un père de famille, Léonard Malekera. « La rentrée scolaire c’est pour bientôt, si la maladie atteint Bukavu, ça sera une catastrophe ».

« A Bukavu, il n’y a pas de cas d’Ebola, la population ne doit pas paniquer mais doit se conformer aux normes hygiéniques en attendant le contrôle qui s’effectue dans les bateaux qui viennent de Goma », ont déclaré les autorités provinciales dans un communiqué. Plusieurs rotations de bateaux, certains transportant jusqu’à 500 passagers ainsi que des marchandises relient chaque jour Goma et Bukavu (un million et demi d’habitants).

L’Union africaine avait de son côté mis en garde contre des restrictions de voyages ou en provenance de la RDC malgré le risque de propagation de l’épidémie d’Ebola, des malades pouvant échapper au contrôle aux frontières, en traversant clandestinement à des endroits non contrôlés.

Burkimbia.com

Source : AFP

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