Point de presse hebdomadaire du CFOP : l’opposition demande l’ouverture d’une enquête sur Adama Kanazoé, conseiller spécial du président Kaboré

L’affaire Adama Kanazoé et les 30 millions de FCFA abordée a été abordée par l’Opposition politique burkinabè qui demande l’ouverture d’une enquête sur ce conseiller spécial du Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré. Le Chef de File de l’Opposition politique (CFOP) a lancé cet appel lors de son point de presse hebdomadaire qu’il a animé le mardi 30 juin 2020 à Ouagadougou. Alphonse-Marie Ouédraogo, le président de l’Union pour la Renaissance démocratique-Mouvement sankariste (URD/MS) et Abdoulaye Arba, président du Parti des militants pour le peuple (PMP), étaient les conférenciers du jour. La déclaration liminaire in extenso :

-Chers amis journalistes, bonjour et bienvenue au siège du CFOP, pour le traditionnel point de presse ! Nous sommes au 546ème jour du drame de Yirgou. En ce souvenir plein de douleurs, l’Opposition politique exige toujours vérité et justice pour l’ensemble des victimes de ces massacres, et pour toutes les victimes des attaques terroristes que notre pays subit depuis plus de quatre ans. Nous condamnons, par la même occasion, l’ethnicisme, la stigmatisation et le repli identitaire qui menacent de détruire notre nation en construction.
Aujourd’hui, les sujets suivants sont inscrits à l’ordre du jour :
– le scandale des 300 ambulances ;
– Adama KANAZOE et les 30 millions de Francs ;
– le déroulement de l’enrôlement des électeurs ;
– l’échec du Programme « 40.000 logements sociaux »
– et la diffusion de fausses informations sur les leaders de l’Opposition.
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Nous avons suivi, comme tous les Burkinabè, la cérémonie de remise de 185 ambulances sur 300 commandées, le 23 juin 2020 dans une cérémonie présidée par le Premier ministre Christophe-Marie DABIRE. Si l’achat d’ambulances est une bonne chose en soi, des tentatives de récupération malsaine et des scandales de corruption ont souillé la noblesse de l’initiative.
Ainsi, la première chose qui a choqué les Burkinabè, c’est l’affichage d’une photo du Président-candidat Roch Marc Christian KABORE sur les ambulances. Comme si les véhicules avaient été achetés avec les fonds propres du Président KABORE!
L’Opposition politique dénonce-là une escroquerie politique orchestrée par le MPP et ses alliés à travers le Gouvernement. N’ayant aucun bilan à présenter, le régime du MPP ne peut que louer des ambulances pour battre campagne. La gouvernance de ce pays est vraiment malade et a besoin de soins d’urgence.
Plus grave, le journal « Le Courrier confidentiel » dans sa dernière parution, a révélé que les 300 ambulances ont été commandées dans un marché PPP, en crédit-bail auprès de Fidelis Finances, Raynal Assurance et Diacfa, exactement les mêmes acteurs impliqués dans le scandale d’acquisition de 77 véhicules par la Mairie de Ouagadougou. En termes simples, le pouvoir du MPP n’a fait que louer des ambulances à un coût très élevé, et les honnêtes citoyens vont saigner pour rembourser plus de 14 milliards de francs, avant que les ambulances ne soient la propriété de l’Etat. Pour l’instant, les ambulances appartiennent à Fidelis Finances. Au total, lit-on, une surfacturation de plus de 5 milliards de Francs a été faite. Par ailleurs, les ministres Oumarou IDANI (encore lui) et Alpha BARRY, sans oublier le Maire Armand-Pierre BEOUINDE, sont actionnaires dans les sociétés attributaires du marché.
Pour l’Opposition politique, les cadres du MPP viennent une fois de plus de perpétrer un acte de terrorisme économique, dans un contexte où nos maigres ressources devraient être utilisées pour mieux équiper nos braves FDS sur le champ de bataille, et pour les autres actions de développement.
L’Opposition politique demande à L’ASCE-LC de sortir de sa torpeur habituelle pour engager des procédures contre tous ceux qui sont impliqués dans ce scandale flagrant. Ça y va de la crédibilité de l’ASCE-LC, et de ce que ses responsables actuels laisseront comme image d’eux après ce régime et dans l’Histoire du Burkina Faso.
Mesdames et Messieurs,
Dans un enregistrement audio rendu public hier, l’on entend une personne présentée comme Adama KANAZOE, Conseiller spécial du Président du Faso, s’entretenir avec un homme d’affaire du nom de Sayouba, sur le partage de millions suite à un marché. « Il faut que tu me donnes 30 millions, c’est un minimum », a dit plusieurs fois Adama KANAZOE, justifiant sa requête par le fait qu’il a manipulé les chiffres.
A écouter la conversation, il s’agit d’un marché de pistes rurales dans la région du Centre-Nord, obtenu grâce à des manœuvres illégales du nommé KANAZOE.
Dans le même audio, le conseiller spécial qui se réclame jeune et prône un changement générationnel, souhaite que l’homme d’affaires le soutienne pour qu’il puisse à l’avenir lui octroyer un marché de 20 milliards. Quelle vision de la politique, de la part d’un jeune!
Au regard de ce nouveau scandale qui vient une fois de plus montrer le pillage à grande échelle des maigres ressources du Burkina, l’Opposition demande à la justice burkinabè de s’autosaisir comme dans l’affaire du magistrat Narcisse SAWADOGO, en procédant à l’arrestation et au jugement de M. Adama KANAZOE et de son complice Sayouba pour corruption, concussion et enrichissement illicite.
L’Opposition demande qu’une vraie enquête soit menée, pour remonter à la source de la corruption qui trône au ministère des infrastructures, et qui travaille au détournement de plusieurs milliards de francs par an depuis l’accession au pouvoir du MPP.
Chers journalistes,
La Commission électorale nationale indépendante a déployé ses équipes d’enrôlement biométrique à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Ouahigouya, dans le cadre de la révision du fichier électoral.
L’Opposition politique invite une fois de plus l’ensemble des Burkinabè de ces localités, qui ont au moins 18 ans et qui n’ont pas de cartes d’électeurs, à se faire enrôler le plus vite possible. En effet, nous devons opérer une insurrection dans les urnes, pour chasser du pouvoir le régime incompétent du MPP, et restaurer la paix et la prospérité.
Des cadres de la Majorité ont tenté d’organiser des fraudes à Ziniaré, à Boussé et à Bobo-Dioulasso. La vigilance de la CENI et des citoyens a permis de mettre la main sur les délinquants.
Mais, le MPP et ses alliés n’ont toujours pas renoncé à leur volonté de tricher aux élections. Ainsi, depuis samedi dernier dans l’arrondissement 4 de Ouagadougou, des équipes de « faiseurs de CNIB » accompagnés des délégués MPP s’installent dans des centres d’enrôlement de la CENI, et reçoivent des personnes venues en masse et même convoyées par des cars ou des bus de la SOTRACO pour établir des cartes d’identités gratuitement. Ce, au détriment des résidents de l’arrondissement, car ils disent que c’est le ministère de la femme qui envoie ces personnes. Nos représentants sur place ont interpelé la Commission électorale indépendante d’arrondissement (CEIA) et la Gendarmerie qui sont venues juste constater les faits, sans rien faire.
Au retrait de ces CNIB, ces personnes de provenance douteuse s’enrôlent en même temps dans les centres.
Des pressions sont exercées sur la Gendarmerie pour laisser passer cette forfaiture organisée par le ministère de la femme.
Nous invitons donc la CENI et la Justice à traiter cette affaire sensible avec diligence et impartialité, pour éviter une prévisible crise due à cette fraude à ciel ouvert.
Toujours sur le déroulement de l’enrôlement, c’est avec amertume que nous avons constaté la vétusté des kits d’enrôlement déployés dans plusieurs provinces telles que le Soum, le Passoré et l’Oudalan. Nous invitons la CENI à corriger diligemment ce problème récurrent, pour permettre aux citoyens d’obtenir leurs cartes d’électeurs sans d’interminables attentes.
Mesdames et Messieurs,
Mardi dernier, Le secrétariat Permanent de la Politique Nationale de Logements (SP/PNL) et le Centre de gestion des cités(CEGECI) ont fait le bilan de la mobilisation foncière et de la construction des logements sociaux. Il ressort que sur les 40.000 logements sociaux et économiques promis par le Président Roch KABORE, seulement 5.164 ont été réalisés dans huit villes. Ce chiffre prend en compte les cités du 11 décembre. C’est un échec sans précédent, et le MPP devrait avoir honte de brandir un si maigre bilan. Encore que pour ce même programme, en 2017, ce régime avait escroqué plus de 280 millions à 140.000 souscripteurs qui avaient payé chacun 2000 Francs dans l’espoir d’être éligibles.
Durant les 5 ans, les caciques du pouvoir ont multiplié la création de sociétés immobilières prête-noms, le pillage de terres dans presque toutes les villes du Burkina, et le blanchiment d’argent qui va avec. La presse, notamment le journal « Le Reporter », est revenue maintes fois sur ces pillages fonciers.
Tout le monde consent à dire que l’habitat et le foncier sont ne bombe à retardement pour notre pays. Pour notre malheur à tous, le MPP et ses alliés sont venus augmenter la capacité de cette bombe, et programmé son explosion imminente. Tout cela, pour des intérêts purement égoïstes.
C’est le lieu pour l’Opposition d’inviter les citoyens à se débarrasser du MPP le 22 novembre prochain. C’est une question de survie nationale, et de devoir envers les prochaines générations que ce régime a fini d’endetter et d’appauvrir.
Mesdames et Messieurs,
Vous en avez été témoins, des individus mal intentionnés ont choisi de salir la réputation de plusieurs leaders de l’Opposition politique, à travers la propagation de fausses informations et de propagande.
La principale page Facebook qui véhicule ses infox se donne pour mission la promotion de la candidature de Roch Marc Christian KABORE à la prochaine présidentielle. Autrement dit, ce sont des officines politiques du pouvoir en place qui fabriquent et diffusent ces mensonges grossiers.
L’Opposition politique voudrait prendre l’opinion nationale à témoin : Comme le MPP et ses alliés savent qu’ils ont fait sombrer le Burkina Faso par leur incompétence sans pareil, ils tacheront de salir toute la classe politique, notamment l’Opposition.
Les Burkinabè doivent être vigilants, pour ne pas tomber dans ces pièges d’un pouvoir moribond qui s’accroche à tout pour se maintenir.
A vous journalistes, médecins de l’information, nous vous demandons d’opposer à la manipulation de masse, de saines et vraies informations. En cette période pré-électorale qui a lieu en période de crise sécuritaire, l’information ou la désinformation sont des armes qui ne doivent pas être retournées contre l’unité nationale.

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