MACO : Jean Claude Bouda « en permission » d’un mois pour des soins

Jean-Claude Bouda, ancien ministre de la défense, bénéficie temporairement d’une liberté depuis le lundi 28 septembre 2020. Plutôt qu’une liberté, il s’agit en réalité d’une « permission » d’un mois pour raisons de santé, d’après une source judiciaire. Le prévenu était à la Maison d’Arrêt et de Correction de Ouagadougou (MACO) depuis le 26 mai 2020.
L’ex-ministre de la défense de Roch Kaboré a été déposé à la MACO suite à une plainte du Réseau national de Lutte anticorruption (RENLAC) pour « blanchiment de capitaux » et « enrichissement illicite ». Il a été épinglé sur la base de la loi votée en 2015 sous le régime de la transition sur le délit d’apparence mais l’affaire concerne sa villa construite à Manga.

Pour rappel, l’enquête avait été ouverte sur les infractions de faux et usage de faux en écriture privée, fausses déclarations de patrimoine, délit d’apparence, blanchiment de capitaux. Au cours d’une conférence de presse en juin dernier, le procureur du Faso Harouna Yoda a annoncé l’abandon de l’infraction de fausse déclaration de patrimoine parce que, expliquait-il, cela relève de la Haute cour de justice, d’autant que la déclaration de biens est liée à la fonction de ministre.
Cet ancien membre du gouvernement de Paul Kaba Thiéba « s’est constitué en 3 ans un patrimoine immobilier d’un montant provisoire de 252 millions de francs CFA qu’il ne parvient pas à justifier au regard de ses revenus licites », a alors expliqué le procureur. Une somme qu’il serait seulement possible à Jean Claude Bouda d’accumuler s’il avait un revenu de plus de 7 millions de francs CFA par mois, très loin de son salaire de ministre qui faisait 1 million 23 mille francs.
Celui qui est un poids lourd du MPP dans la région du Centre-Sud a essayé de justifier ses investissements immobiliers par la vente d’un verger et des apports de membres de sa famille qui auraient respectivement rapporté 52 millions et 68 millions FCFA selon les explications données au Procureur. Une explication qui avait du mal à passer au parquet estimant que les documents produits semblent être des faux. C’est pourquoi Bouda a été poursuivi pour faux et usage de faux en écriture privée.
Si un premier appel du prévenu avait été rejeté par le procureur, le second lui a eu l’accord du juge. Le désistement d’appel du procureur a été signé le lundi 28 septembre 2020 dans l’après-midi. Le procureur a donc finalement donné une suite favorable à l’appel du prévenu qui demandait à être autorisé à aller se faire soigner.
Avec cette « permission » pour des soins, Jean-Claude Bouda devra regagner sa cellule à l’issue du mois de « sursis » pour la suite de la procédure judiciaire, soit au plus tard le 29 octobre 2020.
A noter que la nouvelle a été accueillie avec joie par les proches de l’intéressé dont certains avaient manifesté leur mécontentement suite à son incarcération.
Burkimbia.com

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