Des inondations font 42 morts et 70 000 au Niger

Le Ministre de l’Action humanitaire et de la Gestion des Catastrophes, Laouan Magagi, a animé le mercredi 4 septembre une conférence de presse sur la situation des inondations au niveau national.

Dans son mot introductif, le ministre Laouan a indiqué qu’au Niger, les inondations sont devenues récurrentes. Toutefois, a-t-il relevé, même si ces inondations ont jusque-là concerné essentiellement les grandes villes du pays, elles commencent à toucher de plus en plus, des gros villages. « A la date du lundi 2 septembre 2019, il a été enregistré 8.624 ménages sinistrés, 69.381 personnes victimes, 42 décès, 5.497 maisons effondrées, et 829 animaux morts. Cependant, à la même date en 2018, les chiffres sont les suivants : 19.310 ménages sinistrés, 142.715 personnes sinistrées, 40 décès et 8.943 maisons effondrées », a précisé le ministre Magagi.

Déclinant région par région cette situation d’inondations sur l’ensemble du pays, Laouan Magagi a indiqué qu’à Maradi, 1.666 ménages totalisant 17.534 personnes sont victimes des eaux. Celle de Zinder a enregistré 1.687 ménages avec un total de 14.036 personnes sinistrées ; Agadez 2.051 ménages totalisant 12.897 personnes ; Dosso 1.370 avec 11.231 victimes ; Tillabéry 770 ménages totalisant 5.766 personnes sinistrées ; Niamey 421 ménages pour 2.947 victimes ; Diffa 406 ménages avec 2.842 personnes sinistrées et enfin la région de Tahoua, où il a été enregistré 253 ménages totalisant 2.128 sinistrés.

Selon le ministre, à la date du 2 septembre, la région de Maradi est la plus touchée avec 17.534 personnes sinistrées. « A cela s’ajoute le barrage et le périmètre de Anaker (Tahoua), le mini-barrage de Chaladabo (Maradi), le périmètre et le barrage de Kassama (Zinder), qui sont menacés », a-t-il déclaré.

Evoquant le cas spécifique de la soudaine crue du fleuve Niger, le ministre a indiqué que cette crue, qualifiée de locale, est consécutive aux eaux charriées par les affluents du fleuve, notamment la Sirba et le Gorouol. « Depuis une semaine, cette crue est montée de 10 cm par jour, avant d’atteindre la cote d’alerte rouge qui est de 620 cm le 30 août 2019 », a-t-il précisé. Il a aussi rappelé qu’en 50 ans, cette cote n’a été atteinte qu’en 2012, occasionnant d’importants dégâts et des pertes en vies humaines. « Cette année, la cote est allée jusqu’à 638 cm, jamais enregistrée à Niamey. Cependant, les dégâts ont été moindres sur les habitations et les populations », a noté le ministre. Selon M. Magagi, au niveau des aménagements hydro-agricoles, on a enregistré des dégâts notamment à Saguia Amont et aval, à Kirkisoye complètement inondé, à Karey Gorou, à N’Dounga 1 et 3, à Say 1 et 2, à Karma, Koutoukalé, Namardé, Liboré, Lata et Saga, qui sont sérieusement menacés. « Cette crue a été contenue grâce aux efforts des populations, des autorités locales, des partenaires techniques, qui ont accompagné les comités mis en place par le gouvernement. A cela, il faut souligner les effets des 12 km de digues réalisés par le PGRC/DU sur financement de la Banque mondiale », a-t-il reconnu.

Le ministre Laouan Magagi a ensuite appelé les populations riveraines et les autorités locales des régions de Tillabéry, de Niamey et de Dosso, à plus de vigilance et de prudence, face au risque imminent d’une autre crue dans les prochains jours, à cause de la lâchée d’eau du barrage de Sélingué au Mali. Par ailleurs, le ministre de l’Action Humanitaire et de la Gestion des Catastrophes a reconnu que les réponses d’urgence apportées, jusque-là, sont relativement timides. « En effet, à peine 30% des besoins ont été satisfaits grâce à l’assistance du gouvernement ; de l’OIM et de l’UNICEF. Le gouvernement a prépositionné 2.780 tonnes de vivres dans les régions. Quant aux partenaires, ils ont placé et distribué 1.198 kits sur besoins de 8.624 kits NFI (non alimentaires) », a-t-il expliqué. Le  ministre Magagi a suggéré aux autorités municipales, sur tout le territoire national, de reloger les sinistrés dans des sites appropriés, autres que les classes, en cette veille de rentrée scolaire mais aussi à interdire la circulation des camions transportant du sable sur les digues, ce qui fragilise leur endurance. A l’endroit des partenaires, il a lancé un appel à davantage de mobilisation, afin de venir en aide aux populations sinistrées.

Burkimbia.com

Source : Actuniger.com

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