Présidentielle et législatives 2020 au Burkina : Leçons des élections

On ne doute pas que les candidats et leurs partis, perdants ou victorieux (pas vaincus et vainqueurs) tireront les leçons des élections du 22 novembre au Burkina Faso. Mais le sentiment largement partagé à la proclamation des résultats est que quelque chose ne tourne politiquement pas rond dans notre pays. Quoi ? Pas la victoire du président sortant, mais sa victoire plus massive qu’en 2015 ; une victoire qui ressemble à un plébiscite, alors que tout nous préparait à une compétition plus serrée, notamment l’insécurité liée au terrorisme qui est tout sauf imaginaire, et le retour du CDP, parti de Blaise Compaoré dont le seul nom a envahi les médias internationaux comme si l’ex-président était lui-même candidat à ces élections (le candidat du CDP a donc pu bénéficier au moins indirectement de cette publicité internationale gratuite).

Les scores cumulés d’Eddy Komboïgo du CDP et de Zéphirin Diabré de l’UPC égalent à peine le score de ce dernier seul en 2015 : à croire que nombre des électeurs UPC de 2015 ont rejoint les rangs du MPP qu’ils ont alors grossi et rendu massivement victorieux (comme si Zéphirin Diabré avait davantage écopé du vote sanction que le président sortant Roch)…

Expliquer cette victoire massive du président sortant par la démocratie est bien court, car la démocratie n’est justement pas le plébiscite quand il y a mal-gouvernance et désolation des citoyens, mais aussi la libre expression des citoyens pour changer pacifiquement ce qui ne leur convient pas. Or on a plutôt l’impression que plus ça semble aller mal depuis cinq ans au Burkina, et plus les burkinabè approuvent et plébiscitent le président candidat.

Les infrastructures ? Personne n’a jamais gagné des élections en construisant des routes et en plantant des poteaux électriques : en comparaison, Dar es Salam, la capitale tanzanienne, est aussi sombre qu’une bourgade moyenne burkinabè la nuit, et les quelques voies principales souvent inondées et impraticables par les eaux de pluies, pourtant John Magufuli se fait réélire encore plus massivement que le président Kaboré.

Les fraudes donc ? Tout le monde évidemment y pense lorsqu’un président africain se fait réélire (c’est vrai des dernières élections d’octobre en Tanzanie). Mais là non plus, personne ne peut sérieusement affirmer, avec des preuves, que c’est grâce aux fraudes que le président burkinabè s’est fait massivement réélire : il devance ses concurrents quasiment partout, dans les villages comme dans les villes, et à l’étranger !

Pour autant, on se gardera de ne confondre ici fraudes et corruption ; tout comme on dénoncera l’utilisation étrange du terme « irrégularités » qui amalgame volontiers, mais sans le dire, et les fraudes, et la corruption, et les problèmes techniques et logistiques de cette campagne électorale. Se contenter de parler d’irrégularités pour dénoncer ces scrutins est faible quand toute la vie quotidienne au Burkina est faite d’ « irrégularités » !

Cela ne veut en rien dire (on s’en convaincra par la suite ici même) qu’il ne faut rien dénoncer et que, surtout, il ne faut pas se démarquer d’un faux consensus et d’une tout aussi fausse politesse dite « républicaine » qui ne fait que légitimer et normaliser ces mêmes « irrégularités » qu’on laissera intactes aux prochaines élections. L’esprit républicain ne peut pas servir de beau prétexte pour masquer et normaliser ces « irrégularités » considérées comme de simples détails dont il faudrait vite tourner la page, au nom de la paix et de la « réconciliation nationale » encore et toujours…

Le peuple burkinabè veut un roi

Deux logiques antagonistes se sont rencontrées : la concurrence politicienne parle de bilan des cinq années passées de gouvernement qu’elle pense retourner contre le président et son camp, le peuple lui s’inquiète de l’avenir qu’il comprend comme la continuation du passé ; pas de n’importe quel passé, mais de celui de la présidence actuelle que les élections remettent en jeu, voire remettent en cause par la compétition des candidats ; car un avenir qui n’est pas le même que le passé n’est pas rassurant, est inquiétant…

La logique politicienne évoque l’insécurité et entend par là d’abord le terrorisme qui frappe le Burkina depuis cinq ans ; mais pour le peuple, l’insécurité serait de n’avoir plus, du jour au lendemain, le même chef ou dirigeant à la tête du pays…

La logique démocratique parle d’alternance et de changement possible de président à la tête du pays ; mais le peuple n’entend pas autrement le pouvoir comme tel (tout pouvoir) qu’un pouvoir continu : il y a pouvoir quand le(s) même(s) dirigent. Le changement que le peuple désire n’est pas celui de chef, mais le changement des vies personnelles : que le même soit au pouvoir, pour que les citoyens puissent garantir et assurer seuls leurs existences et vies personnelles. Pour espérer changer leurs vies, les citoyens attendent du pouvoir qu’il soit le même tout le temps : ce statu quo signifie stabilité pour le peuple.

Il n’y a donc de pouvoir que stable, continu. Or ce pouvoir ainsi entendu et désiré ne peut être que celui d’un… Roi (de préférence, d’un roi traditionnel africain), pas d’un président tel que le veut la logique d’instabilité démocratique.

Comme autant de corollaires, voici trois remarques :

1.« L’esprit républicain » : si l’on ne tient pas compte de la coexistence de ces deux logiques incompatibles, qui sont des représentations du pouvoir (de ce qu’est ou doit être le pouvoir), on risque inévitablement de traiter les Burkinabè de « bêtes » et « stupides ». En l’occurrence, on ne comprendra pas qu’ils puissent réélire une président qui a, comme on dit, échoué contre un mal aussi grand que le terrorisme.

C’est que, dès qu’il s’agit de pouvoir, les valeurs et l’ordre des choses s’inversent et vacillent : on n’est pas au pouvoir parce qu’on est compétent, intègre, etc… mais on est intègre, compétent, irréprochable en somme parce qu’on est au pouvoir : on ne supporte pas la moindre critique du candidat victorieux parce qu’il est au pouvoir ; plus qu’ailleurs dans le monde, même lesdits « opposants » burkinabè qui pouvaient paraître les plus virulents contre le président actuel se précipiteront à son palais (s’ils ne l’ont pas déjà fait) pour le féliciter.

Que félicite-t-on au juste ? le vainqueur ? non, le statut de roi en lui. Il faut faire allégeance au roi, et taire les critiques et discordances ; même si l’on est en démocratie, cette démocratie ne supplante pas la royauté. Il ne s’agit pas d’autoritarisme ni de dictature qui forcent et violent les libertés, mais d’un régime de libre soumission volontaire au roi.

Appeler cela « esprit républicain », alors même qu’on ne fait que maintenir l’inégalité des statuts et des dignités est une plaisanterie de mauvais goût ! Car nulle part la République n’oblige et ne contraint à tenir la posture du citoyen soumis et redevable à un roi devant lequel se prosterner (les félicitations dans la déception ne sont qu’allégeance et prosternation : roi, je suis à vous !). Car, en retour, les perdants ne sont pas félicités par le gagnant, au moins pour avoir accepté de jouer le jeu démocratique jusqu’au bout malgré les « irrégularités »…contre eux !

Tendre la main aux perdants, après leur avoir annoncé, dès le départ, qu’ils seront mis KO, n’est pas les féliciter, d’autant que la menace a fini par se réaliser ! N’est absolument pas républicaine cette double posture de mépris de l’adversaire par le « coup KO », et d’humiliation des perdants par le protocole tacite des félicitations unilatérales ; lesquelles félicitations post-électorales occupent une place exagérée qu’aucun espace politique moderne ne justifie, si nous n’étions pas d’abord gouvernés par un esprit de royauté et de cour traditionnelles : on passe le temps à saluer le gagnant comme on défilerait pour féliciter un mariage, baptême ou saluer un décès…

Il faut donc plutôt saluer et féliciter les candidats qui se sont démarqués de cet esprit plus royaliste que républicain, qui reconnaissent la victoire du président Kaboré mais lui refusent ce lenga royaliste que sont les félicitations des perdants : nous comprenons alors en quoi ce refus est perçu et accueilli par le public comme un vilain crime de … lèse-majesté, comme une offense à la royauté. Mais nous demandons : en République, comment peut-on « prendre acte des scrutins » avant le dernier mot du Conseil Constitutionnel seul habilité à réconcilier de façon véritablement républicaine les voix discordantes du scrutin ? Comment peut-on, en république, protester contre les « irrégularités » massives des élections, en appeler même parfois au procureur de la république, se dépêcher de « prendre acte des résultats », et de se répandre en félicitations ?

L’esprit républicain, s’il a été absent tout au long de la compétition électorale (corruptions, l’obsession du KO, etc…), ne peut pas surgir, comme par miracle, à la fin du scrutin ; si ce n’est qu’à la fin retentit dans la Cour un « Mesdames et Messieurs, le Roi ! ». Dès cet instant, il faut se taire, se prosterner et saluer…
2.Blaise Compaoré : le peuple burkinabè n’est absolument pas nostalgique de l’ex-président du Faso en lui-même ; sinon son candidat, Eddy Komboïgo, aurait remporté ces élections, ou aurait au moins provoqué un second tour grâce à un score plus consistant. Ce n’est pas le cas. Il n’est pas non plus certain que si Blaise Compaoré lui-même était candidat à ces élections, il l’aurait facilement remporté face à ses concurrents.

En revanche, ce dont le peuple burkinabè est nostalgique, c’est le roi en lui, d’avoir gouverné comme un roi, longtemps, et de rester à ce jour le symbole politique d’un pouvoir royal. Le peuple burkinabè n’est pas nostalgique de la personne de blaise Compaoré comme individu, car Blaise a un remplaçant en la personne de Kaboré Roch : les Burkinabè veulent majoritairement un roi, indépendamment de l’individu qui est au pouvoir et occupe le fauteuil. C’est la raison pour laquelle il semble difficile, voire impossible d’accéder au pouvoir si l’on n’est pas déjà au pouvoir pour le continuer, ou si même on n’a jamais été au pouvoir !

On a cru et dit que c’était un problème ethnique ; une sorte de plafond de verre ethnique qui ferait que si l’on n’est pas de l’ethnie majoritaire mossi on ne pourrait jamais, sans coup d’Etat peut-être, devenir président du Faso : cela est faux, si l’on raisonne en termes d’exclusion et de discrimination, de conflit et de complot ethniques, la preuve étant qu’un Ablassé Ouédraogo qui évoquait son avantage d’être mossi n’a jamais obtenu des scores électoraux dignes d’un présidentiable ! pourtant il est mossi, comme d’autres candidats qui viennent de perdre…

Mais cette question ethnique reste légitime et sérieuse si l’on veut bien la poser en termes de représentation du pouvoir comme tel dans la société burkinabè, laquelle représentation risque fort d’être celle de la majorité mossi de la population pour laquelle la royauté est une composante identitaire et culturelle. Autrement dit, cette question reste intéressante à poser sur le plan intellectuel afin de comprendre aujourd’hui les attitudes et expressions électorales de nos concitoyens. Il se peut que nous soyons un pays dominé par une représentation royale du pouvoir, plus que d’autres Etats africains, du fait de la grande majorité de sa population qui s’identifie à la royauté…

Et aussi dominés que nous sommes par l’obsession du consensus qui fait qu’on n’aime pas les contestataires, les révoltés qui troublent l’ordre de la royauté, et qui en sont pour toujours les brebis galeuses et turbulentes au Burkina Faso : la révolution comme anti-royalisme par excellence est impossible au Burkina, les Burkinabè ne sont pas des révolutionnaires, cela est clair. Ceux qui s’y sont essayé l’ont payé très cher : Thomas Sankara surtout, Yacouba Isaac Zida dans une moindre mesure, les insurgés de 2014 qui, d’eux-mêmes, ne veulent plus entendre parler du 30 octobre 2014 (non, nous n’avons pas fait de révolution, non du tout !), comme s’ils avaient péché : repentance et réconciliation au royaume !

Au Burkina Faso, il y a le Roi et les usurpateurs. La critique et la dent contre Zida ne renvoient pas à autre chose : quelqu’un qui ne gouverne que trois mois ne peut qu’être un usurpateur, le voleur d’un pouvoir qui ne lui est pas destiné, promis à la durée mais indûment interrompu. Le pouvoir royal est continu, sans rupture, donc sans transition : raison pour laquelle on veut aujourd’hui, sous prétexte de « réconciliation nationale » et de consensus, effacer et oublier la Transition post-insurrectionnelle, tout en parlant de … mémoire et de commémoration ! Tout cela donne la fausse impression d’une nostalgie de Blaise Compaoré quand ce dont il s’agit est le désir inavoué mais pressant d’un (président-)roi…

3.La corruption électorale : il s’avère donc illusoire, dans ce contexte qui est le nôtre au Burkina Faso, d’espérer accéder au pouvoir rien qu’en prêchant l’intégrité, la pureté et la sainteté politiques. Le Roi n’a pas d’abord besoin d’être intègre et saint pour être plébiscité, on le voit, le président que les Burkinabè élisent n’est pas le Burkinabè le plus intègre, le plus saint (le candidat Roch disait à juste titre que pour être président il ne suffit pas d’être « beau », j’ajouterai volontiers bon et vrai pour compléter la liste des « valeurs »)…

S’il y a bien un fléau qui insulte le fameux « esprit républicain », c’est la corruption des électeurs, en tant qu’elle rompt, dans sa condescendance même, le principe d’égalité et de respect des citoyens : les appâter et acheter comme des animaux pour être élu, revient à insulter leur dignité d’êtres humains libres, et les mépriser dans leurs conditions de pauvres et misérables en leur jetant des bouchées de nourriture (c’est la même chose s’il s’agit d’argent) vite oubliées après les élections…

En vraie république, les cas de corruption et de fraudes bref, toutes les « irrégularités », interrompent, voire annulent les scrutins aux endroits où elles ont lieu, pour garantir l’égalité des chances entre candidats : ce ne sont pas des belles prêches idéalistes qu’il faut contre la corruption, mais des opérations coups de poing.

Tous ceux qui évoquent Thomas Sankara en la matière oublient qu’il a dû forcer et contraindre corrupteurs et corrompus à la vertu, au lieu de simples beaux discours ! Les votes devraient être strictement annulés aux dépens des candidats et partis qui corrompent les électeurs, ou recommencés. Or le REN-LAC a bien constaté des cas de corruption, sans plus, sans suite. Les candidats de l’opposition n’ont pas non plus été assez fermes là-dessus, sans doute parce que certains ont aussi utilisé les mêmes moyens et méthodes de campagne que le camp de la majorité.

Le cas ZIDA

Un cas est toujours singulier, à part, non comparable : le seul concurrent qui n’était pas sur le sol burkinabè. Il serait donc absurde de penser connaître sa « vraie valeur politique » à la lumière des scrutins du 22 novembre, laquelle valeur est forcément déformée par son absence sur le territoire national. ( Au passage, il serait bon de rappeler aux burkinabè que le mandat d’arrêt qui avait été lancé contre Zida ne concerne en rien des détournements de fonds publics et de parcelles, ni même les morts du 1er novembre 2014 pour lesquels il n’est pas inculpé mais doit être entendu par la justice, mais sa « désertion en temps de paix » : une affaire militaire avant tout, pas une histoire d’intégrité et de sainteté morales…).

Comment, du reste, un candidat moqué comme « virtuel » pourrait-il avoir de valeur ou de poids « réels » ? Et si le fait d’être déjà au pouvoir ou pas constitue un biais qui fausse la valeur politique réelle des candidats, cela veut dire qu’aucun des treize candidats n’a une valeur réelle mesurable à son score électoral. Le MPP aura-t-il le même score s’il n’est plus au pouvoir ? Zéphirin Diabré ou Tahirou Barry auraient-ils obtenu les mêmes scores s’ils étaient au pouvoir ? certainement pas…

Aucune analyse hasardeuse ne peut déterminer le poids politique réel d’un exilé que l’on dit encore « fuyard » (alors même qu’il sonne aux portes du Faso pour rentrer !). Mais le score de Zida est plus qu’éloquent : 43 403 voix sur tout le territoire et à l’étranger, dont près de … 20 000 sur la seule commune de Ouagadougou, et encore précisément sur seulement 3 arrondissements de Ouagadougou : les 7, 9 et surtout le 3 (près de 12 000 voix) où il arrive deuxième derrière Roch, à égalité exacte avec Eddy Komboïgo ! Pour un « candidat virtuel » ce n’est pas mal du tout !

Hors de la capitale et quelques centres urbains, les Burkinabè ne connaissent visiblement pas Zida, parce qu’il n’a pas été présent pour les rencontrer en personne dans sa campagne. Une comparaison avec Désiré Kadré Ouédraogo (le seul qui mériterait des félicitations, pas parce qu’il est quatrième, mais parce qu’il ne s’est occupé que de battre campagne, de sillonner le pays, très tôt, loin des querelles de chapelle du CDP, sans bruit) serait intéressante à ce sujet…

D’où mon conseil à Yacouba Isaac ZIDA du MPS : quelle que sera l’issue de son recours pour annuler le mandat d’arrêt, positive ou négative, il faudra rentrer à Ouagadougou dès ces lendemains de scrutin, et pas dans 1, 2 ou 4 ans, pour implanter durablement le parti sur le territoire, et lui donner une impulsion en vue de la prochaine présidentielle (le président Roch fera alors volontiers ses tiroirs, c’est sûr et certain !). Il ne s’agit ni plus ni moins que d’éviter absolument le syndrome NAFA : ce parti avait été créé pour que Yipènè Bassolet soit président, mais du fait des déboires judiciaires (et médicaux) du diplomate de blaise Compaoré, n’a pu vraiment survivre politiquement ! En tirer la leçon dès maintenant…

On ne remplace pas un Roi s’il ne meurt pas. C’est peut-être encore tôt pour vérifier cette hypothèse selon laquelle le peuple burkinabè veut fondamentalement être gouverné par un roi ou un président-roi, sans dictature ni autoritarisme (un roi doux), rééligible à vie quoi qu’il pose comme actions politiques, et qui qu’il soit, pourvu qu’il soit déjà au pouvoir. Cela voudra dire que le modèle constitutionnel actuel du Burkina Faso sur lequel est ordonnée sa démocratie (et donc les élections) n’est pas en adéquation avec les réalités sociologiques et culturelles du peuple burkinabè.

Il n’est donc pas exclu que bientôt (peut-être même déjà), renforcées par cette victoire massive, et malgré l’interdit constitutionnel de la limitation des mandats, et indépendamment de la volonté du président Kaboré lui-même, des voix de son camp murmureront un…troisième mandat…

Kwesi Debrsèoyir Christophe DABIRE

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