Grand banditisme : ils l’ont fait, pour se venger de leur patron

Adama, Yadga et Lassané sont accusés d’acte de grand banditisme, de détention illégale d’arme à feu et de viol. Georges quant à lui est accusé de recel. Ils répondaient de ces infractions devant le TGI de Ouagadougou le 25 novembre 2020.

A la barre, Lassané et Adama sont les seuls à reconnaître les infractions qui leur sont reprochées, excepté le viol. Ainsi, dans le fil de leur narration, il ressort que c’est chez leur ex-employeur qu’ils ont commis leur braquage pour se venger de licenciement abusif. Perpétré, à 1hr du matin à sur son lieu de travail, Lassané et Adama avouent avoir forcé la porte d’entrée du bureau où dormaient leur patron et sa secrétaire. « J’ai pointé l’arme sur eux, et ils m’ont immédiatement remis l’argent », narre par ailleurs Lassané.

Un butin de 2 300 000 que les deux disent s’être partagés à part égale. Ils mettent également en lumière qu’ils ont planifié à trois avec Yadga leur coup pendant 3 semaines, même si celui-ci n’a finalement pas participé le jour du braquage. De révéler aussi les deux prévenus, qu’ils ont attendu le jour où une employée de leur ancien patron a effectué un retrait à la banque pour opérer.

En tant qu’anciens employés, ajoutent-ils, ils savaient que l’argent serait gardé sur le lieu de travail. Cependant sur l’infraction de viol, les deux prévenus soutiennent jusqu’à la fin de l’instruction que rien de tel ne s’est produit. Ils se sont contentés de prendre de l’argent.

Yadga, gardien de l’entreprise en question, reconnaît qu’il était au courant que Lassané et Adama voulaient commettre le braquage.Toutefois, il n’y a aucunement pris part même s’il finit par confesser après plusieurs interrogations du procureur, voir reçu 50 000 francs de l’argent volé. Sur la question de la détention illégale d’arme à feu, Lassané déclare en être le propriétaire.

Il affirme, que c’est au domicile de Adama qu’il cachait l’arme enterrée.  Pour ce qui est de Georges, lui ne reconnaît pas l’infraction de recel. Ce prévenu explique avoir payé deux ordinateurs portables de marque HP et un téléphone de marque Infinis Hot 6 avec Lassané, qui lui a assuré provenir de matériels « France-aurevoir ». Les ordinateurs lui ont coûté respectivement 60 000 et 50 000, le téléphone portable 15 000.

Les réquisitions du procureur sont la relaxe au bénéfice du doute des trois prévenus pour l’infraction de viol. La relaxe pour infraction non constituée en ce qui concerne l’infraction de détention illégale d’arme à feu pour Adams et Yadga. Par contre, Adama et Lassané sont reconnus coupables de l’acte de grand banditisme et condamnés chacun, à 11 ans de prison dont 5 ans fermes, assorti d’une amende de 2 millions. Le procureur requiert pour Yadga que l’infraction de grand banditisme soit requalifiée en recel, et condamné ce dernier à 5 ans d’emprisonnement plus une amende d’1 million, le tout ferme. Les faits de recel sont également caractérisés à l’encontre de Georges, estime le ministère public. D’où, il a requis 36 mois de prison, 1 million d’amende, le tout ferme.

A la suite du procureur, les avocats ont plaidé pour leurs clients. Le conseil de Georges pense à son avis qu’il y a un doute sur la culpabilité de son client car il n’a pas pu être prouvé qu’il connaissait l’origine frauduleuse des objets qu’il a payés. Par conséquent, il plaide sa relaxe au bénéfice du doute. L’avocat de Yadga dans sa plaidoirie estime qu’il y a des circonstances atténuantes pour ce qui est de l’infraction commise par son client et plaide la clémence. Il salue en outre la réquisition du procureur qui a requalifié l’infraction le concernant.

L’avocat de Adama dès l’entame de sa plaidoirie lance avoir eu un goût amer à la lecture des procès-verbaux qu’il soutient être la preuve patente que les procès-verbaux en enquête préliminaire peuvent être montés de toutes pièces. Pour preuve, l’avocat révèle que l’arme dont il est question dans la procédure est une arme de guerre et non un simple pistolet. Et c’est par l’entremise du petit frère d’un membre des FDS qu’elle est parvenue aux mains des prévenus. Ces faits ayant été du reste totalement occultés dans la consignation des procès-verbaux. En tout état de cause, le conseil a plaidé la clémence du tribunal afin que son client qui est encore si jeune puisse bénéficier d’une seconde chance.

Le délibéré est pour ce 2 décembre 2020.

Burkimbia.com

Source : Zoodomail

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